Il n’existe pas un nid de chenilles processionnaires mais deux, radicalement différents. Celui de la processionnaire du pin est une boule de soie blanche, d’aspect ouaté, lisse et brillant, accrochée en bout de branche, de dix centimètres à plusieurs dizaines. Celui de la processionnaire du chêne ne forme aucune boule : c’est un amas compact et sombre plaqué contre le tronc ou une branche maîtresse.
Cherchez d’abord les extrémités des branches hautes exposées au sud. Et retenez ceci : un nid vide reste urticant, car il concentre les poils des mues successives.
Deux nids qui ne se ressemblent pas
C’est le point qui égare le plus de monde. Presque toutes les descriptions disponibles ne parlent que du nid du pin, la fameuse boule blanche. Résultat : les personnes confrontées à la processionnaire du chêne cherchent un objet qu’elles ne trouveront jamais, et concluent à tort qu’elles n’ont pas de nid.

Sur le pin, l’enveloppe extérieure paraît lisse et brillante, tandis que l’intérieur est dense et grumeleux, rempli de couches de soie et de mues. La teinte, blanche au départ, grisonne au fil des semaines. Sur le chêne, l’aspect est bien plus discret et se confond facilement avec une irrégularité de l’écorce, ce qui rend l’espèce plus difficile à repérer.

Où regarder sur l’arbre
L’inspection n’a pas besoin d’être exhaustive : les emplacements sont assez prévisibles, parce qu’ils répondent à un besoin de chaleur et d’ensoleillement.

Les zones à examiner, par probabilité
- Placez-vous à distance, dix à quinze mètres, et faites le tour de l’arbre : un nid invisible d’un côté est parfois évident de l’autre.
- Utilisez le zoom de votre téléphone ou des jumelles plutôt que de vous approcher.
- Regardez à contre-jour : la silhouette blanche du nid du pin ressort nettement sur le ciel.
- Examinez aussi le sol : une file de chenilles en procession trahit un nid situé juste au-dessus.
- Cherchez la défoliation : des rameaux dégarnis, aux aiguilles rongées, signalent une colonie active à proximité.
- N’oubliez pas les arbres voisins : les nids vont rarement par un seul.
Quand le nid est le plus repérable
Le moment de l’année change beaucoup la difficulté de l’exercice, et les deux espèces n’ont pas le même calendrier de visibilité.
La fenêtre de repérage par espèce
Ce décalage a une conséquence pratique : un jardin planté à la fois de pins et de chênes peut connaître deux périodes de vigilance distinctes. Le détail du cycle et des dates est traité sur notre page consacrée à la période des chenilles processionnaires.
Les confusions fréquentes
Plusieurs objets naturels ressemblent de loin à un nid, et il est utile de savoir les écarter avant d’engager une intervention inutile.
Quatre méprises courantes
Un critère synthétise l’essentiel : le nid d’une processionnaire du pin est opaque, dense et sans aucune brindille. Si vous voyez à travers, ce n’est pas lui. Et s’il est vert ou porte des baies, c’est un végétal.
Vous avez trouvé un nid
La découverte appelle des gestes précis, et surtout l’abstention de plusieurs réflexes qui aggravent nettement l’exposition.
Ce qu’il faut faire, ce qu’il ne faut jamais faire
Le jet d’eau est le piège classique. Il semble prudent, puisqu’on reste à distance, mais il provoque une dispersion massive des poils urticants dans l’air et sur le sol. Le même raisonnement vaut pour le brûlage, qui envoie les poils dans les fumées, et pour le décrochage au bâton, qui ouvre le nid au-dessus de votre tête.
Un nid vide ne doit pas davantage être manipulé sans précaution : il a accumulé les poils de toutes les mues et reste urticant longtemps, comme l’explique notre page sur le danger des chenilles urticantes pour l’homme. Si un animal a été en contact, voyez immédiatement nos repères sur les chenilles processionnaires et le danger pour le chien.
Combien de nids, et quelle suite
Comptez et notez : le nombre de nids, leur hauteur et le nombre d’arbres concernés déterminent entièrement la suite. Un nid unique, accessible depuis le sol sur un jeune pin, ne pose pas le même problème qu’une dizaine de nids à huit mètres de hauteur sur plusieurs sujets.
- Le nombre de nids par arbre, et le nombre d’arbres porteurs.
- La hauteur approximative de chaque nid.
- L’espèce d’arbre, pin ou chêne, qui détermine l’espèce de chenille et donc le calendrier.
- La proximité d’une zone sensible : terrasse, aire de jeux, passage, pâture.
- La présence de processions au sol, qui indique une descente en cours.
Avec ces éléments, reportez-vous à nos repères pour détruire un nid de chenilles processionnaires, qui détaillent les méthodes selon la hauteur et la saison, et à notre page sur l’écopiège à chenilles processionnaires, un dispositif qui intercepte les chenilles sur le tronc sans toucher au nid. Le prix d’un échenillage vous permet de comparer avec une intervention professionnelle. L’ensemble du sujet est repris dans notre guide des chenilles processionnaires.
- Décret n° 2022-686 du 25 avril 2022, article D.1338-1 du code de la santé publique.
- ANSES : information sur les chenilles processionnaires, biologie et méthodes de lutte.
- Services de l’État en département et parcs nationaux : information sur la reconnaissance et la régulation des processionnaires.
