Reconnaître un nid de chenilles processionnaires

Boule de soie blanche en bout de branche sur le pin, amas compact plaqué au tronc sur le chêne : deux nids très différents. Où regarder et quand.

La réponse en bref

Il n’existe pas un nid de chenilles processionnaires mais deux, radicalement différents. Celui de la processionnaire du pin est une boule de soie blanche, d’aspect ouaté, lisse et brillant, accrochée en bout de branche, de dix centimètres à plusieurs dizaines. Celui de la processionnaire du chêne ne forme aucune boule : c’est un amas compact et sombre plaqué contre le tronc ou une branche maîtresse.

Cherchez d’abord les extrémités des branches hautes exposées au sud. Et retenez ceci : un nid vide reste urticant, car il concentre les poils des mues successives.

Deux nids qui ne se ressemblent pas

C’est le point qui égare le plus de monde. Presque toutes les descriptions disponibles ne parlent que du nid du pin, la fameuse boule blanche. Résultat : les personnes confrontées à la processionnaire du chêne cherchent un objet qu’elles ne trouveront jamais, et concluent à tort qu’elles n’ont pas de nid.

Chenille processionnaire du chêne sur une écorce
La processionnaire du chêne, dont le nid plaqué contre le tronc n'a rien du sac de soie blanc de celle du pin.

Sur le pin, l’enveloppe extérieure paraît lisse et brillante, tandis que l’intérieur est dense et grumeleux, rempli de couches de soie et de mues. La teinte, blanche au départ, grisonne au fil des semaines. Sur le chêne, l’aspect est bien plus discret et se confond facilement avec une irrégularité de l’écorce, ce qui rend l’espèce plus difficile à repérer.

Nid de processionnaire du pin en bout de branche, et nid de processionnaire du chêne plaqué contre le tronc
Le nid du pin est une bourse de soie blanche, d'aspect coton, à l'extrémité des branches. Celui du chêne est un amas compact, sombre, sans aspect cotonneux, plaqué directement contre le tronc ou une branche maîtresse.

Où regarder sur l’arbre

L’inspection n’a pas besoin d’être exhaustive : les emplacements sont assez prévisibles, parce qu’ils répondent à un besoin de chaleur et d’ensoleillement.

Nid de soie blanc de chenilles processionnaires sur une branche de pin
Le nid de la processionnaire du pin : un sac de soie blanc, dense, accroché en bout de branche et bien visible une fois les aiguilles rongées autour.

Les zones à examiner, par probabilité

Où regarder sur un pin, par ordre de probabilitéPriorité absolueExtrémités des brancheshautes, côté SUDEnsuiteBranches basses si l’arbreest fortement coloniséAussiArbres isolés, de lisièreou de bord de routeAu solUne file de chenilles trahitun nid juste au-dessus

Extrémités des branches hautes exposées au sud en priorité, puis les branches basses si l’arbre est fortement colonisé. Les arbres isolés, de lisière ou de bord de route sont les plus touchés.
La méthode d’inspection

  • Placez-vous à distance, dix à quinze mètres, et faites le tour de l’arbre : un nid invisible d’un côté est parfois évident de l’autre.
  • Utilisez le zoom de votre téléphone ou des jumelles plutôt que de vous approcher.
  • Regardez à contre-jour : la silhouette blanche du nid du pin ressort nettement sur le ciel.
  • Examinez aussi le sol : une file de chenilles en procession trahit un nid situé juste au-dessus.
  • Cherchez la défoliation : des rameaux dégarnis, aux aiguilles rongées, signalent une colonie active à proximité.
  • N’oubliez pas les arbres voisins : les nids vont rarement par un seul.

Quand le nid est le plus repérable

Le moment de l’année change beaucoup la difficulté de l’exercice, et les deux espèces n’ont pas le même calendrier de visibilité.

La fenêtre de repérage par espèce

Quand le nid est le plus repérableAutomneHiverPrintempsÉtéNid du PINMAXIMUMil grossitconstructiongros, blanc, bien visibleprocession, puis videNid du CHÊNEMAXIMUMamas sur le troncpuis abandonnéUn nid vide reste urticant : il concentre les poils des mues successives.Les deux espèces ont des calendriers décalés, ce qui étale le risque sur l’année.

Le nid du pin atteint sa taille maximale en hiver, moment idéal pour l’inventaire. Celui du chêne se voit surtout au printemps et au début de l’été. Les deux calendriers étant décalés, le risque se répartit sur l’année.

Ce décalage a une conséquence pratique : un jardin planté à la fois de pins et de chênes peut connaître deux périodes de vigilance distinctes. Le détail du cycle et des dates est traité sur notre page consacrée à la période des chenilles processionnaires.

Les confusions fréquentes

Plusieurs objets naturels ressemblent de loin à un nid, et il est utile de savoir les écarter avant d’engager une intervention inutile.

Quatre méprises courantes

Quatre confusions fréquentesToile d’araignéeFils fins et ajourés,on voit à travers.Le nid est opaqueet denseCocon isoléPetit, unique, souventbrun ou beige.Un nid abritedes centaines d’individusGuiTouffe verte à baiesblanches, végétale.Jamais blanc soyeux,et sur feuillus surtoutNid d’oiseauBrindilles entrelacées,structure en coupe.Le nid de soie n’aaucune brindille

Une toile d’araignée est ajourée et laisse voir à travers, un cocon est petit et unique, le gui est une touffe verte à baies blanches, et un nid d’oiseau est fait de brindilles entrelacées.

Un critère synthétise l’essentiel : le nid d’une processionnaire du pin est opaque, dense et sans aucune brindille. Si vous voyez à travers, ce n’est pas lui. Et s’il est vert ou porte des baies, c’est un végétal.

Vous avez trouvé un nid

La découverte appelle des gestes précis, et surtout l’abstention de plusieurs réflexes qui aggravent nettement l’exposition.

Ce qu’il faut faire, ce qu’il ne faut jamais faire

À fairePhotographier de loin, au zoomBaliser et interdire le pied de l’arbreÉloigner enfants et animauxVérifier les autres arbresPrévenir la mairie si terrain publicÀ ne jamais faireArroser au jet d’eauBrûler le nidLe décrocher à la main ou au bâtonLe percer, l’ouvrir, le secouerTondre ou souffler dessous

Photographier de loin, baliser le pied de l’arbre, éloigner enfants et animaux, inspecter les autres arbres et prévenir la mairie si le terrain est public. Ne jamais arroser, brûler, décrocher, percer ni tondre dessous.

Le jet d’eau est le piège classique. Il semble prudent, puisqu’on reste à distance, mais il provoque une dispersion massive des poils urticants dans l’air et sur le sol. Le même raisonnement vaut pour le brûlage, qui envoie les poils dans les fumées, et pour le décrochage au bâton, qui ouvre le nid au-dessus de votre tête.

Un nid vide ne doit pas davantage être manipulé sans précaution : il a accumulé les poils de toutes les mues et reste urticant longtemps, comme l’explique notre page sur le danger des chenilles urticantes pour l’homme. Si un animal a été en contact, voyez immédiatement nos repères sur les chenilles processionnaires et le danger pour le chien.

Combien de nids, et quelle suite

Comptez et notez : le nombre de nids, leur hauteur et le nombre d’arbres concernés déterminent entièrement la suite. Un nid unique, accessible depuis le sol sur un jeune pin, ne pose pas le même problème qu’une dizaine de nids à huit mètres de hauteur sur plusieurs sujets.

Les informations à relever

  • Le nombre de nids par arbre, et le nombre d’arbres porteurs.
  • La hauteur approximative de chaque nid.
  • L’espèce d’arbre, pin ou chêne, qui détermine l’espèce de chenille et donc le calendrier.
  • La proximité d’une zone sensible : terrasse, aire de jeux, passage, pâture.
  • La présence de processions au sol, qui indique une descente en cours.

Avec ces éléments, reportez-vous à nos repères pour détruire un nid de chenilles processionnaires, qui détaillent les méthodes selon la hauteur et la saison, et à notre page sur l’écopiège à chenilles processionnaires, un dispositif qui intercepte les chenilles sur le tronc sans toucher au nid. Le prix d’un échenillage vous permet de comparer avec une intervention professionnelle. L’ensemble du sujet est repris dans notre guide des chenilles processionnaires.

Sources

  • Décret n° 2022-686 du 25 avril 2022, article D.1338-1 du code de la santé publique.
  • ANSES : information sur les chenilles processionnaires, biologie et méthodes de lutte.
  • Services de l’État en département et parcs nationaux : information sur la reconnaissance et la régulation des processionnaires.

Questions fréquentes

À quoi ressemble un nid de chenilles processionnaires ?

Cela dépend de l'espèce, et c'est ce qui égare le plus de monde. Le nid de la processionnaire du pin est une boule de soie blanche, d'aspect ouaté, lisse et brillant, accrochée en bout de branche, de dix centimètres à plusieurs dizaines. Celui de la processionnaire du chêne ne forme aucune boule : c'est un amas compact et sombre plaqué contre le tronc ou une branche maîtresse.

Où se trouve le nid sur l'arbre ?

En priorité aux extrémités des branches hautes exposées au sud, car les chenilles recherchent chaleur et ensoleillement. Sur un arbre fortement colonisé, on en trouve aussi plus bas dans la ramure. Les arbres isolés, de lisière ou de bord de route sont les plus touchés.

Comment inspecter un arbre sans risque ?

Placez-vous à dix ou quinze mètres et faites le tour de l'arbre, un nid invisible d'un côté étant parfois évident de l'autre. Utilisez le zoom de votre téléphone ou des jumelles plutôt que de vous approcher. Regardez à contre-jour, la silhouette blanche ressort sur le ciel. Examinez aussi le sol : une file de chenilles trahit un nid juste au-dessus.

À quelle période le nid est-il le plus visible ?

Celui du pin atteint sa taille maximale en hiver, c'est le meilleur moment pour faire l'inventaire. Celui du chêne se voit surtout au printemps et au début de l'été. Un jardin planté à la fois de pins et de chênes connaît donc deux périodes de vigilance distinctes.

Un nid vide est-il encore dangereux ?

Oui, et c'est un point essentiel. Un nid abandonné a accumulé les poils urticants de toutes les mues successives et reste urticant longtemps après le départ des chenilles. Il ne doit pas être manipulé sans précaution.

Peut-on arroser un nid au jet d'eau ?

Non, jamais, et c'est le piège classique. Le geste semble prudent puisqu'on reste à distance, mais il provoque une dispersion massive des poils urticants dans l'air et sur le sol. Il ne faut pas davantage le brûler, ce qui envoie les poils dans les fumées, ni le décrocher au bâton, ce qui l'ouvre au-dessus de votre tête.

Qu'est-ce qu'on confond avec un nid de chenilles processionnaires ?

Une toile d'araignée, qui est ajourée et laisse voir à travers. Un cocon isolé, petit et unique alors qu'un nid abrite des centaines d'individus. Le gui, touffe verte à baies blanches. Et un nid d'oiseau, fait de brindilles entrelacées. Le nid de processionnaire du pin est opaque, dense et sans aucune brindille.

Que faire quand on découvre un nid ?

Photographiez-le de loin au zoom, balisez et interdisez le pied de l'arbre, éloignez enfants et animaux, vérifiez les arbres voisins car les nids vont rarement par un seul, et prévenez la mairie si l'arbre se trouve sur un terrain public. Ne tentez aucun décrochage improvisé.

Quelles informations relever avant de faire intervenir quelqu'un ?

Le nombre de nids par arbre et le nombre d'arbres porteurs, la hauteur approximative de chaque nid, l'espèce d'arbre qui détermine l'espèce de chenille et donc le calendrier, la proximité d'une zone sensible comme une terrasse ou une aire de jeux, et la présence de processions au sol qui indique une descente en cours.

Sarah Nguyen Rédigé par Sarah Nguyen Spécialiste chenilles processionnaires

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