Une souris passe par 6 à 7 millimètres, l’épaisseur d’un crayon. Un rat a besoin d’une vingtaine de millimètres. Tout orifice supérieur à ces diamètres est une porte.
Le matériau décide de tout. La mousse expansive et le silicone seuls ne tiennent pas : ils sont rongés en quelques nuits. Ce qui tient, c’est de la laine d’acier ou du grillage fin bourré dans l’orifice, puis scellé.
Et une règle d’ordre, qui compte plus que le reste : on ne colmate jamais avant d’être certain que plus rien n’est à l’intérieur.
Pourquoi l’automne
L’entrée des rongeurs dans les bâtiments n’est pas continue, elle est saisonnière. Deux choses se produisent en même temps à la fin de l’été : les ressources extérieures diminuent après les moissons et les premières gelées, et l’écart de température entre le dehors et un bâtiment chauffé devient perceptible pour un animal qui cherche un abri.
C’est pourquoi les premiers grattements dans les combles se signalent presque toujours entre septembre et novembre. Colmater en septembre est un travail de prévention. Colmater en janvier est une réparation, et il faut alors d’abord vider les lieux.
Le diamètre suffisant à une souris adulte. Son crâne est le seul point rigide de son corps : si la tête passe, tout le reste suit.Un rat a besoin d’environ 20 mm, l’ordre de grandeur d’une pièce de deux euros.
Le matériau qui ne tient pas, et ceux qui tiennent
« J’ai bouché le trou à la mousse expansive, c’est réglé. »

La mousse de polyuréthane est tendre : un rongeur la traverse en quelques nuits, et il le fait d’autant plus volontiers qu’elle est facile à ronger. Pire, elle donne l’illusion que le problème est traité, si bien qu’on ne revient vérifier que des semaines plus tard. Le silicone seul et le ruban adhésif posent exactement le même problème.
| Matériau | Tient ? | Où l’employer |
|---|---|---|
| Laine d’acier inoxydable | Oui | Bourrée dans l’orifice, puis scellée au mortier ou à l’enduit |
| Grillage maille 5 à 6 mm | Oui | Grilles d’aération, entrées d’air, sorties de VMC |
| Tôle ou plaque métallique | Oui | Bas de porte, seuils, angles de bardage rongés |
| Mortier ou enduit | Oui, en finition | Toujours par-dessus une armature métallique, jamais seul |
| Mousse expansive | Non | Rongée en quelques nuits |
| Silicone seul | Non | Rongé, et sans tenue mécanique |
| Laine de verre | Non | Sert de matériau de nid, l’inverse du but recherché |
Où chercher les accès
Les rongeurs n’entrent pas au hasard. Ils suivent les mêmes points faibles, presque toujours les mêmes d’un bâtiment à l’autre.

- Les passages de gaines et de canalisations qui traversent un mur, notamment sous l’évier et derrière la machine à laver.
- Le bas des portes : un jour de plus de 6 mm suffit.
- Les grilles d’aération et les bouches de VMC dont la maille est trop large ou déchirée.
- La jonction entre la toiture et le mur, sous les tuiles de rive et derrière les gouttières.
- La trappe de vide sanitaire et les soupiraux de cave.
- Le passage du compteur et les coffrets techniques encastrés.
- Les gaines de cheminée désaffectées et non obturées.
- Les branches qui touchent la toiture : le rat noir grimpe, une branche est une passerelle.
Dans quel ordre procéder
Ne colmatez jamais avant d’avoir vidé les lieux. Un rongeur enfermé dans une cloison ou des combles y meurt, et le cadavre est inaccessible. L’odeur dure plusieurs semaines et l’on finit par ouvrir le doublage pour aller le chercher. C’est l’erreur la plus coûteuse de tout ce chantier, et la plus fréquente.

- Identifier l’espèce. Le diamètre à traiter n’est pas le même, et les endroits non plus : le surmulot vient du bas, le rat noir et la souris occupent les hauteurs. Notre article rat ou souris donne les critères.
- Repérez les accès de jour, à la lampe. Cherchez les traînées grasses et les crottes le long des murs. Les signes de présence sont détaillés à part.
- Vider les lieux d’abord. Piégeage ou intervention, jusqu’à ce que les appâts ne soient plus touchés pendant plusieurs jours consécutifs.
- Colmatez ensuite, du haut vers le bas. Laine d’acier bourrée, scellement par-dessus, tôle sur les supports rongeables.
- Revenir vérifier au bout de deux semaines. Un colmatage rongé se voit, et un point manqué se signale toujours par de nouvelles traces au même endroit.
Le colmatage est la seule mesure qui règle durablement le problème, parce qu’elle traite la cause et non les individus. Mais posé au mauvais moment ou avec le mauvais matériau, il ne fait que déplacer la difficulté, et parfois l’aggraver.
Pour la suite : choisir un piège, raticides et appâts et leurs limites, se débarrasser des rongeurs pour le protocole complet, et prix d’une dératisation si vous faites intervenir. L’ensemble est repris dans notre guide de la dératisation.
- Muséum national d’Histoire naturelle, Inventaire national du patrimoine naturel : biologie de Mus musculus, Rattus norvegicus et Rattus rattus.
- ANSES : dossiers relatifs à la lutte contre les rongeurs commensaux et aux rodenticides anticoagulants.
- Recommandations professionnelles de dératisation sur l’exclusion mécanique et le choix des matériaux de colmatage.