Le meilleur appât pour souris est le beurre de cacahuète. Il combine les trois qualités qui comptent : riche en graisses et en protéines, très odorant, et surtout collant, ce qui empêche la souris de l’emporter sans déclencher le piège. Viennent ensuite le chocolat et les pâtes à tartiner, les graines et fruits secs, puis les aliments gras comme le bacon.
Deux règles font la différence : une dose de la taille d’un grain de riz, déposée sur le mécanisme de déclenchement, et le piège placé perpendiculairement au mur, l’appât côté plinthe. Le fromage, contrairement à l’imagerie populaire, n’est pas un aliment recherché par la souris.
Quel appât pour souris choisir ?
Une souris ne mange que quelques grammes par jour, mais elle grignote très souvent, en de multiples petites prises réparties sur ses trajets. Un bon appât doit donc être immédiatement repérable à l’odeur, suffisamment riche pour justifier l’arrêt, et impossible à emporter en une bouchée.
Les quatre familles d’appâts qui fonctionnent
Le beurre de cacahuète, la valeur sûre
C’est l’appât recommandé en premier par la quasi-totalité des praticiens, et pour une raison mécanique autant que gustative : sa texture adhère au métal. La souris est obligée de rester sur la palette pour le consommer, là où une graine ou un morceau de fromage se prennent et s’emportent en une seconde.
Chocolat et pâtes à tartiner
Le sucre et l’arôme puissant du chocolat en font un excellent attractif, avec le même avantage de texture pour les pâtes à tartiner. Le chocolat noir, plus aromatique, donne de bons résultats. C’est une alternative utile quand un premier appât n’a rien donné : changer de profil de goût relance souvent l’intérêt.
Graines, céréales et fruits secs
Avoine, blé, tournesol, raisins secs ou abricots secs correspondent au régime naturel de la souris. Ils fonctionnent bien, à condition de les coller avec un peu de beurre de cacahuète pour qu’ils ne soient pas emportés.
Aliments gras et charcuterie
Un petit morceau de bacon ou de saucisson est très odorant et attire efficacement. Inconvénient : il sèche et perd son attractivité en un jour ou deux, et il peut attirer d’autres insectes. À réserver aux pièges relevés quotidiennement.
Le fromage, un mythe à oublier
L’association entre la souris et le fromage relève de la culture populaire, pas de son comportement alimentaire. La souris privilégie les aliments sucrés, gras et céréaliers. Un fromage fera parfois l’affaire, faute de mieux, mais il ne figure jamais parmi ses préférences, et sa consistance ferme se prête mal au piégeage : elle l’emporte.
Si vos pièges restent vides depuis plusieurs jours, l’appât est rarement le seul fautif. Vérifiez d’abord le placement et la présence d’une source de nourriture plus accessible ailleurs : une poubelle ouverte ou un sac de croquettes battront toujours votre piège.
Pourquoi ces appâts fonctionnent : ce que cherche une souris
La souris voit mal. Elle se repère à l’odorat, aux vibrations et au contact de ses vibrisses le long des surfaces. Un appât agit donc d’abord comme un signal olfactif, ce qui explique la supériorité des aliments odorants sur les aliments neutres.
Second point, souvent ignoré : la souris est néophobe. Un objet nouveau sur son trajet la met en méfiance pendant un à deux jours. Cette prudence est nettement moins marquée que chez le rat, mais elle suffit à expliquer qu’un piège posé le soir reste parfois vide le lendemain matin sans que l’appât soit en cause. Laissez les dispositifs en place plusieurs jours avant de conclure.
Quelle quantité et comment appâter le piège
C’est l’erreur la plus répandue : trop d’appât. Une portion généreuse permet à la souris de manger sur le pourtour, en dehors de la zone de déclenchement, et de repartir intacte. La règle est contre-intuitive : moins d’appât capture mieux.
La bonne dose et le bon emplacement
Ne pas laisser son odeur
Manipulez les pièges avec des gants. L’odeur humaine sur un dispositif neuf ajoute une raison de méfiance à une souris déjà prudente. Pour la même raison, évitez les produits parfumés lors du nettoyage des dispositifs réutilisés.
Où placer le piège appâté
Le placement compte autant que l’appât. Les souris longent les murs et traversent rarement une pièce à découvert. Un piège au milieu d’une cuisine ne sera jamais visité, aussi bien appâté soit-il.
Le bon positionnement des pièges
Concentrez les postes là où vous avez relevé des signes de présence de souris : déjections, traces de rongement, passages derrière les meubles de cuisine. Deux ou trois pièges bien placés suffisent pour une présence isolée ; sur une zone très active, rapprochez-les.
Les erreurs qui font échouer un appât
- Trop d’appât, qui permet de manger hors zone de déclenchement.
- Un appât non collant, emporté sans que le piège se déclenche.
- Un piège au centre de la pièce, loin des trajets le long des murs.
- Trop peu de pièges : une souris méfiante contourne un poste isolé.
- Une nourriture concurrente restée accessible dans la pièce.
- De la patience insuffisante : la néophobie demande quelques jours.
Appât alimentaire ou appât empoisonné ?
Les deux approches n’ont ni le même usage ni le même niveau de risque. L’appât alimentaire sert à choisir un piège à souris et à le rendre attractif : le résultat est visible et sans danger. L’appât empoisonné, lui, est un produit chimique dont l’emploi est encadré.
Appât sur piège ou appât empoisonné
Ce qu’est réellement un raticide
Un raticide est un produit biocide au sens du règlement européen n° 528/2012, relevant du type de produit 14 (rodenticides). Il fait à ce titre l’objet d’une évaluation et d’une autorisation de mise sur le marché, en France sous l’égide de l’ANSES. La plupart des produits domestiques reposent sur des anticoagulants, à action différée de plusieurs jours.
Cette action différée est voulue, mais elle a deux conséquences : l’animal meurt souvent hors de vue, parfois dans une cloison, et sa dépouille reste toxique pour un prédateur qui la consommerait. C’est ce qu’on appelle l’intoxication secondaire, et elle concerne les chats, les rapaces et les hérissons.
Règles non négociables si vous employez un raticide : toujours en poste d’appâtage fermé, jamais en vrac ; hors de portée des enfants et des animaux ; jamais à proximité de denrées alimentaires ; en respectant strictement l’étiquette du produit, qui est un document réglementaire. En cas d’ingestion suspectée par un enfant ou un animal, contactez immédiatement un centre antipoison ou un vétérinaire.
La boîte d’appâtage sécurisée
Aussi appelée poste d’appâtage ou station d’appât, c’est un boîtier rigide et verrouillable dans lequel l’appât est fixé. La souris y entre par une ouverture calibrée, l’appât reste inaccessible à une main d’enfant ou à un museau de chien.

Comment fonctionne une boîte d’appâtage
Ces boîtiers servent aussi bien aux appâts empoisonnés qu’aux pièges mécaniques que l’on souhaite dissimuler. Placez-les comme les pièges, contre un mur, le long des trajets, et notez leur position pour tous les retrouver le jour du retrait.
Souris ou rat : faut-il changer d’appât ?
Les préférences alimentaires sont proches, mais le comportement diffère nettement. Le rat est beaucoup plus méfiant : il faut souvent le laisser s’habituer à un dispositif non armé et non appâté pendant plusieurs jours, une étape appelée pré-appâtage, que la souris ne nécessite généralement pas. Le rat exige aussi des pièges plus puissants et des doses supérieures.
Vérifiez donc d’abord à qui vous avez affaire : les déjections d’une souris mesurent 3 à 6 mm, celles d’un rat 1 à 2 cm. Notre guide de la dératisation détaille cette distinction, et le prix d’une dératisation varie sensiblement selon l’espèce concernée.
Comparatif des appâts pour souris
| Appât | Attractivité | Tient sur le piège | À savoir |
|---|---|---|---|
| Beurre de cacahuète | Très forte | Oui | Le choix par défaut, en dose minime |
| Chocolat, pâte à tartiner | Très forte | Oui | Bonne alternative si le premier appât échoue |
| Graines et fruits secs | Forte | Non | À coller avec un peu de beurre de cacahuète |
| Bacon, charcuterie | Forte | Moyen | Sèche vite, à renouveler chaque jour |
| Fromage | Faible | Non | Le mythe à écarter, emporté facilement |
| Appât raticide | Forte | Sans objet | Biocide réglementé, poste sécurisé obligatoire |
Si malgré un appâtage correct l’activité persiste au-delà de deux semaines, ou si vous constatez des déjections dans plusieurs pièces, la population est probablement installée. Nos repères pour se débarrasser des souris décrivent la suite, et un traitement professionnel devient le choix le plus rapide. Les répulsifs à ultrasons pour souris, eux, ne remplaceront pas un appâtage bien mené.
- Règlement (UE) n° 528/2012 relatif à la mise à disposition sur le marché et à l’utilisation des produits biocides.
- ANSES : évaluation et autorisation de mise sur le marché des rodenticides (type de produit 14).
- Centres antipoison français : conduite à tenir en cas d’ingestion accidentelle de rodenticide.
