Détruire un nid de chenilles processionnaires

Couper la branche porteuse à la perche depuis le sol, tôt le matin et sans vent, puis ensacher sur place. Et vérifier l'arrêté avant tout brûlage.

La réponse en bref

La méthode de référence est l’échenillage mécanique : couper la branche porteuse à l’aide d’un échenilloir monté sur perche télescopique, depuis le sol, puis ensacher immédiatement sur place. Elle se pratique tôt le matin ou par temps froid, quand les chenilles sont regroupées dans le nid, et jamais par temps sec et venteux.

Un point que presque toutes les pages omettent : brûler le nid n’est pas libre. Le brûlage à l’air libre des déchets verts est interdit par la circulaire du 18 novembre 2011, et seule une dérogation préfectorale accordée pour raison sanitaire peut l’autoriser. Vérifiez l’arrêté de votre département.

L’échenillage mécanique

Le principe est de retirer le nid entier sans l’ouvrir. On ne cherche pas à détruire le nid en place mais à couper la branche qui le porte, de façon à le faire tomber intact dans un sac. Tout l’enjeu est de limiter la dispersion des poils urticants pendant l’opération.

Opérateur équipé coupant un nid de chenilles processionnaires à la perche
Le nid est coupé puis ensaché sans être ouvert, pour éviter la dispersion des poils urticants. L'équipement intégral et la protection respiratoire ne sont pas optionnels.

Couper la branche, pas le nid

Couper depuis le sol, jamais en grimpantéchenilloiron coupe la brancheporteuse, pas le nidsac ferméimmédiatement, sur place,avant tout déplacement!Se placerHORS de l’aplombdu nid, dos au ventL’objectif est de limiter la dispersion des poils : on ne secoue rien, on ne perce rien.

Un échenilloir monté sur perche télescopique permet de travailler depuis le sol. L’opérateur se place hors de l’aplomb du nid, dos au vent, et ensache immédiatement sur place avant tout déplacement.
Le déroulé

  • Balisez largement la zone et écartez toute personne et tout animal avant de commencer.
  • Étendez une bâche au pied de l’arbre pour récupérer ce qui tombe, poils compris.
  • Placez-vous hors de l’aplomb du nid et dos au vent, jamais dessous.
  • Coupez la branche franchement, sans secouer ni tapoter.
  • Ensachez immédiatement, sur place, dans un sac résistant que vous fermez aussitôt.
  • Repliez la bâche sur elle-même vers l’intérieur, et traitez-la comme un déchet contaminé.
  • Rincez le matériel et lavez immédiatement vos vêtements à 60 degrés, séparément.

Les conditions d’intervention

Ces conditions ne sont pas des précautions de confort : chacune conditionne à la fois votre sécurité et l’efficacité du retrait.

Quatre conditions à réunir

Quatre conditions, toutes nécessairesTôt le matinou par temps froidLes chenilles sontregroupées dans le nid,et non disperséeson retire tout d’un coupSans ventet par temps humideL’air sec et le venttransportent les poilssur des dizaines de mètresreportez si ça souffleProtection intégralenon négociableCombinaison à capuche,gants, lunettes étanches,masque filtrantle cou et les poignets aussiZone dégagéeavant de commencerPersonne, ni enfant,ni animal, ni lingeétendu à proximitébalisez largement

Tôt le matin ou par temps froid pour que les chenilles soient regroupées, sans vent et par temps humide pour limiter la dispersion des poils, avec une protection intégrale, et une zone dégagée balisée à l’avance.

La protection ne se négocie pas. Combinaison à capuche fermée aux poignets et aux chevilles, gants longs, lunettes étanches et masque filtrant. Les poils sont microscopiques et pénètrent par le cou, les poignets et les yeux, comme l’explique notre page sur le danger des chenilles urticantes pour l’homme. Une simple paire de gants de jardin ne suffit pas.

Le traitement biologique

Il existe une voie de lutte biologique, à base d’une bactérie du sol, le Bacillus thuringiensis. Le produit doit être ingéré par les chenilles : il se pulvérise donc sur le feuillage qu’elles consomment, et non sur le nid. Cela impose une contrainte forte de calendrier.

Une fenêtre étroite, sur les jeunes stades

Le traitement biologique n’agit que sur les jeunes larvesfenêtre d’efficacitéJeunes larveselles mangent beaucoupde feuillage et ingèrentle produitTRÈS efficaceLarves moyennesl’efficacité chutenettement à mesurequ’elles grandissentpartielGrandes larveselles sont dans le nid,protégées de lapulvérisationinefficaceNid forméil faut passerà l’échenillageou à l’écopiègehors sujetLe produit doit être INGÉRÉ : il se pulvérise sur le feuillage que les chenilles consomment.

Très efficace sur les jeunes larves, qui consomment beaucoup de feuillage. L’efficacité chute à mesure qu’elles grandissent, et devient nulle une fois le nid formé, les chenilles étant alors protégées de la pulvérisation.
Ce qu’il faut savoir avant d’y recourir

  • Le timing est décisif : il faut intervenir dès les premiers stades larvaires, ce qui suppose une surveillance de l’arbre. Voyez notre page sur la période des chenilles processionnaires.
  • La pulvérisation doit atteindre la couronne, ce qui exige un matériel puissant. Sur un grand pin, c’est hors de portée d’un pulvérisateur de jardin.
  • Ce produit n’est pas sélectif entre les papillons : il affecte aussi d’autres chenilles, y compris d’espèces inoffensives ou utiles. À réserver aux situations qui le justifient.
  • Sans danger pour les vertébrés, ce qui en fait une option intéressante à proximité d’habitations et d’animaux.
  • Respectez strictement l’étiquette du produit et les conditions météorologiques indiquées.

Brûler le nid : ce que dit la loi

C’est le conseil le plus répandu et le plus mal cadré. Le brûlage à l’air libre des déchets verts fait l’objet d’une interdiction générale, rappelée par la circulaire du 18 novembre 2011, pour des raisons de qualité de l’air et de sécurité.

Interdiction générale, dérogation possible

Brûlage à l’air libre des déchets verts : INTERDITcirculaire du 18 novembre 2011Une dérogation est possibleLe préfet peut l’accorder pourraison sanitaire, après avisdu CODERSTvérifiez l’arrêté de votre départementSans dérogationEnsachez hermétiquementet remettez à la filièreindiquée par votre communerenseignez-vous en mairieNe brûlez jamais un nid dans l’arbre ni au pied de l’arbre :les poils urticants partent dans les fumées, et le risque d’incendie est réel.

Le préfet peut accorder une dérogation pour raison sanitaire, après avis du conseil départemental de l’environnement et des risques sanitaires et technologiques. En l’absence de dérogation, il faut ensacher et remettre le nid à la filière indiquée par la commune.

En pratique, la démarche est simple : renseignez-vous en mairie ou auprès des services de l’État de votre département avant tout brûlage, car les arrêtés varient et certains prévoient précisément le cas des chenilles processionnaires. À défaut, l’ensachage hermétique suivi d’une remise à la filière de déchets indiquée par la commune est la voie sûre.

Dans tous les cas, ne brûlez jamais un nid dans l’arbre ni au pied de l’arbre. Les poils urticants partent dans les fumées et vous les respirez, l’arbre est endommagé, et le risque d’incendie est loin d’être théorique dans un peuplement de résineux.

Quand faire appel à un professionnel

La question se règle presque entièrement sur un critère : la hauteur. Dès qu’une échelle ou une nacelle devient nécessaire, l’opération sort du cadre du bricolage, parce qu’on cumule alors un risque de chute et un risque d’exposition à des poils qui tombent d’au-dessus.

Deux situations bien distinctes

Où passe la limite du bricolageÀ votre portéeUn ou deux nids accessiblesÀ moins de 3 mètres du solVous avez une perche adaptéeVous avez la protection complèteAucune ligne ni voisin à proximitéFaites intervenir un proNids en hauteur, au-delà de 3 mPlusieurs arbres concernésArbre au bord de la voie publiqueÉcole, aire de jeux, pâture procheOccupant fragile ou asthmatique

Un ou deux nids accessibles à moins de trois mètres, avec la perche et la protection adaptées, restent à votre portée. Au-delà, ou près d’une voie publique, d’une école ou d’une pâture, l’intervention relève d’un professionnel.

Un professionnel dispose du matériel de hauteur, d’équipements de protection adaptés à une exposition répétée, et de la filière d’élimination des déchets contaminés. Pour comparer les offres, voyez notre page sur le prix d’un échenillage.

Ce qu’il ne faut jamais faire

Six gestes à écarter

  • Arroser au jet d’eau. Le geste paraît prudent mais provoque une dispersion massive des poils dans l’air et sur le sol.
  • Brûler le nid en place, dans l’arbre ou à son pied.
  • Le décrocher au bâton ou à la main : il s’ouvre au-dessus de vous.
  • Le percer, l’ouvrir ou le secouer pour vérifier s’il est habité.
  • Tirer dessus avec une arme, pratique qu’on rencontre encore : elle éparpille le contenu et reste dangereuse à tous égards.
  • Tondre, souffler ou débroussailler sous un arbre porteur sans protection : les poils tombés au sol se remettent en suspension.

Après la destruction

Le retrait d’un nid ne clôt pas le sujet, pour deux raisons. D’abord, les poils déjà tombés restent au sol et dans la litière pendant longtemps. Ensuite, les papillons de l’été suivant reviendront pondre sur le même arbre s’il leur convient.

Les suites utiles

  • Maintenez le balisage au pied de l’arbre quelques semaines, surtout si des enfants ou des animaux fréquentent la zone.
  • Réinspectez l’arbre et ses voisins deux à trois semaines plus tard : un nid oublié est fréquent.
  • Installez un dispositif préventif pour la saison suivante. Notre page sur l’écopiège à chenilles processionnaires détaille les options.
  • Notez la date de l’intervention : elle vous servira de repère pour anticiper l’année d’après.
  • Signalez à la mairie si des arbres publics voisins sont porteurs, car un traitement isolé sera vite annulé.

Pour reconnaître les nids restants sur les autres arbres, notre page pour reconnaître un nid de chenilles processionnaires décrit les deux formes possibles selon l’espèce. Et si un animal a été exposé pendant ou après l’opération, consultez sans attendre nos repères sur les chenilles processionnaires et le danger pour le chien. L’ensemble du sujet est repris dans notre guide des chenilles processionnaires.

Sources

  • Circulaire du 18 novembre 2011 relative à l’interdiction du brûlage à l’air libre des déchets verts.
  • Décret n° 2022-686 du 25 avril 2022, article D.1338-1 du code de la santé publique.
  • ANSES : information sur les chenilles processionnaires et les méthodes de lutte.
  • Services de l’État en département : arrêtés relatifs au brûlage des déchets verts et à la lutte contre les processionnaires.

Questions fréquentes

Comment détruire un nid de chenilles processionnaires ?

Par échenillage mécanique : couper la branche porteuse à l'aide d'un échenilloir monté sur perche télescopique, depuis le sol, puis ensacher immédiatement sur place. On ne cherche pas à détruire le nid en place mais à le faire tomber intact dans un sac, pour limiter la dispersion des poils urticants.

Quand faut-il intervenir sur un nid ?

Tôt le matin ou par temps froid, quand les chenilles sont regroupées dans le nid et non dispersées dans l'arbre : on retire tout d'un coup. Et impérativement par temps calme et humide, jamais par temps sec et venteux, qui transporte les poils sur des dizaines de mètres.

Quelle protection faut-il pour retirer un nid ?

Une protection intégrale, et elle ne se négocie pas : combinaison à capuche fermée aux poignets et aux chevilles, gants longs, lunettes étanches et masque filtrant. Les poils sont microscopiques et pénètrent par le cou, les poignets et les yeux. Une simple paire de gants de jardin ne suffit pas.

Peut-on brûler un nid de chenilles processionnaires ?

Pas librement. Le brûlage à l'air libre des déchets verts fait l'objet d'une interdiction générale rappelée par la circulaire du 18 novembre 2011. Le préfet peut accorder une dérogation pour raison sanitaire, après avis du CODERST. Renseignez-vous en mairie avant tout brûlage, et à défaut ensachez hermétiquement pour remise à la filière indiquée par la commune.

Peut-on brûler le nid directement dans l'arbre ?

Jamais. Les poils urticants partent dans les fumées et vous les respirez, l'arbre est endommagé, et le risque d'incendie est loin d'être théorique dans un peuplement de résineux.

Le traitement biologique au Bacillus thuringiensis fonctionne-t-il ?

Oui, mais dans une fenêtre étroite. Le produit doit être ingéré : il se pulvérise sur le feuillage et n'agit que sur les jeunes larves, qui consomment beaucoup. L'efficacité chute à mesure qu'elles grandissent et devient nulle une fois le nid formé. Il faut aussi un matériel capable d'atteindre la couronne, hors de portée d'un pulvérisateur de jardin sur un grand pin.

Le traitement biologique est-il sans danger ?

Il est sans danger pour les vertébrés, ce qui en fait une option intéressante près des habitations et des animaux. En revanche il n'est pas sélectif entre les papillons : il affecte aussi d'autres chenilles, y compris d'espèces inoffensives ou utiles. À réserver aux situations qui le justifient.

Quand faut-il faire appel à un professionnel ?

Dès que la hauteur dépasse trois mètres environ, c'est-à-dire dès qu'une échelle ou une nacelle devient nécessaire : on cumule alors un risque de chute et un risque d'exposition à des poils qui tombent d'au-dessus. Également si plusieurs arbres sont concernés, si l'arbre borde la voie publique, ou si une école, une aire de jeux ou une pâture est proche.

Que faire après avoir retiré un nid ?

Maintenez le balisage au pied de l'arbre quelques semaines, car les poils tombés restent au sol longtemps. Réinspectez l'arbre et ses voisins deux à trois semaines plus tard, un nid oublié est fréquent. Installez un dispositif préventif pour la saison suivante, et signalez à la mairie si des arbres publics voisins sont porteurs.

Peut-on arroser le nid au jet d'eau pour le décrocher ?

Non. Le geste paraît prudent puisqu'on reste à distance, mais il provoque une dispersion massive des poils urticants dans l'air et sur le sol. Sont également à écarter le décrochage au bâton, qui ouvre le nid au-dessus de vous, le fait de le percer ou de le secouer, et la tonte sous un arbre porteur sans protection.

Sarah Nguyen Rédigé par Sarah Nguyen Spécialiste chenilles processionnaires

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