Quatre espèces de blattes fréquentent les bâtiments en France, mais deux seulement expliquent la grande majorité des infestations. La blatte germanique, 12 à 15 mm, brun ocre, reconnaissable à ses deux bandes noires sur le pronotum, occupe les cuisines et les salles de bains chauffées. La blatte orientale, 20 à 25 mm, brun très foncé à noir luisant, occupe les caves, vides sanitaires et abords de canalisations.
La distinction n’est pas anecdotique : la germanique grimpe les surfaces lisses et cherche la chaleur, l’orientale reste au sol et cherche l’humidité. On ne les traite donc pas aux mêmes endroits.
Les quatre espèces, à la même échelle
La taille est le premier repère utile, parce qu’elle s’apprécie sans manipuler l’insecte. Les écarts sont considérables : une blatte américaine adulte fait près de trois fois la longueur d’une germanique.

Attention toutefois : les jeunes, appelés larves ou nymphes, sont bien plus petits que les adultes, dépourvus d’ailes, et parfois nettement plus sombres. Une petite blatte n’est donc pas forcément une blatte germanique, ce peut être le jeune d’une autre espèce.
La blatte germanique, la plus problématique
C’est l’espèce que l’on rencontre le plus souvent en habitation, et de loin la plus difficile à éliminer. Sa vitesse de reproduction et sa capacité à se glisser dans des interstices d’un millimètre expliquent qu’une présence négligée devienne rapidement une infestation généralisée.

Sa fiche d’identification
Un détail lourd de conséquences : elle grimpe sans difficulté les surfaces verticales lisses, murs peints, carrelage, vitres, flancs de réfrigérateur. Un traitement limité au sol et aux plinthes laisse donc intacte une grande partie de la population.
La blatte orientale, celle des caves
Plus grande, plus sombre, plus lente, elle se comporte à l’inverse de la précédente. Elle recherche le frais et l’humide : caves, sous-sols, vides sanitaires, locaux techniques, abords des regards et des canalisations. Dans un immeuble, elle circule volontiers par les gaines et les colonnes.

Germanique ou orientale, six critères
Elle ne grimpe pas les surfaces lisses, ce qui a une conséquence pratique utile : on la trouve au sol, dans les angles, le long des plinthes, et rarement en hauteur. Sa présence signale presque toujours un point d’humidité ou une entrée depuis le réseau d’assainissement.
L’américaine et la rayée, nettement plus rares
- La blatte américaine, 30 à 40 mm, brun-rouge brillant, est la plus grande. Elle reste peu fréquente en logement métropolitain et se rencontre surtout dans des environnements chauds et humides : serres, sous-sols techniques, réseaux, certains locaux professionnels. Elle peut effectuer de brefs vols planés.
- La blatte rayée, 10 à 15 mm, se distingue par deux bandes claires transversales, en travers du corps, à ne pas confondre avec les bandes longitudinales du pronotum de la germanique. Elle est nettement moins liée à l’eau et se disperse davantage dans les pièces de vie.
- Le cafard de jardin, du genre Ectobius, n’appartient pas à ce groupe : il vit dehors et ne s’installe pas dans les logements. Notre page sur le cafard de jardin ou blatte germanique donne le test qui les sépare en une seconde.

Ce que l’espèce change dans la lutte
Voilà pourquoi cette page ne relève pas de la simple curiosité naturaliste. Deux espèces qui n’occupent ni les mêmes pièces, ni les mêmes hauteurs, ni les mêmes conditions d’humidité ne se traitent pas de la même manière.
Deux espèces, deux plans d’action
L’erreur la plus coûteuse : traiter une blatte orientale comme une germanique, ou l’inverse. Appliquer un gel en hauteur dans une cave humide ne sert à rien, et se limiter aux plinthes d’une cuisine envahie de germaniques laisse la population intacte derrière et au-dessus des appareils. Identifiez avant de traiter, quitte à conserver un spécimen.
Identifier ce que vous avez sous les yeux
En pratique, trois questions suffisent presque toujours : est-ce que l’insecte vole, quelle est sa taille approximative, et dans quelle pièce l’avez-vous vu.
Trois questions, trois issues
- Capturez plutôt que d’écraser : un verre retourné, ou du ruban adhésif. Un insecte écrasé perd les critères de couleur et de pronotum.
- Photographiez de dessus, en lumière directe, pour que le pronotum soit lisible.
- Notez la pièce et l’heure de l’observation : ces deux informations valent presque un critère morphologique.
- Cherchez les jeunes : leur présence signe une reproduction sur place, et non un individu de passage.
Ce que l’espèce ne dit pas
Identifier l’espèce oriente le traitement, mais ne dit rien de l’ampleur ni de l’origine. Deux questions restent ouvertes après cette étape. D’où viennent-elles, ce qui détermine le risque de récidive : notre page sur les causes d’une infestation de cafards détaille les voies d’entrée. Et à quelle vitesse la population peut-elle se reconstituer, ce qui explique la nécessité de plusieurs passages : voyez les œufs de cafards et leur reproduction.
Pour la suite opérationnelle, nos repères sur se débarrasser des cafards définitivement décrivent le protocole, et notre page sur les produits et gels anti-cafards compare ce qui fonctionne réellement. Sur les risques sanitaires, voyez le danger des cafards pour la santé. L’ensemble est repris dans notre guide des cafards et blattes.
- ANSES : information sur les blattes et cafards, espèces domestiques et méthodes de lutte.
- Muséum national d’Histoire naturelle, Inventaire national du patrimoine naturel : répartition des espèces de blattes en France.
- Ministère chargé de la Santé : repères sur les nuisibles du logement et l’hygiène de l’habitat.
