Avant toute dératisation, une question commande tout le reste : rat ou souris ? Le rat mesure 22 à 30 cm sans la queue et pèse 200 à 500 g, la souris 7 à 10 cm pour 20 à 30 g. Leurs crottes lèvent le doute immédiatement : 3 à 8 mm à bouts pointus pour la souris, 12 à 20 mm pour un rat.
Cette réponse change les doses, les dispositifs, les étages à traiter et la taille des accès à colmater. Une intervention professionnelle coûte de 150 à 500 euros selon le logement, détaillée sur notre page prix d’une dératisation, et son résultat dépend moins du produit employé que du colmatage des points d’entrée.
Rat, souris ou mulot : identifier le rongeur
C’est le point de départ, et il est plus souvent bâclé qu’on ne le croit. Beaucoup de traitements échouent simplement parce qu’ils ont été calibrés pour la mauvaise espèce. Trois rongeurs se rencontrent dans les habitations, et ils ne se comportent pas du tout de la même façon.
Les critères qui séparent les trois
- La taille des accès à boucher. Une souris passe dans 6 millimètres, un rat a besoin d’environ 2 centimètres : on ne colmate pas au même niveau de finesse.
- Le comportement face à la nouveauté. Le rat est méfiant et évite plusieurs jours un objet inconnu, la souris est curieuse et explore vite. Cela change le délai avant les premières captures.
- L’étage à traiter. Le rat occupe les niveaux bas et les sous-sols, la souris circule partout, y compris en hauteur.
- Le cas du mulot est à part : il vient du jardin, entre occasionnellement l’hiver et ne constitue pas une population installée. Le traiter comme une infestation est une dépense inutile.
Si le doute porte sur la souris, notre page sur les signes de présence de souris détaille les huit indices à chercher et la méthode d’inspection.
Les deux espèces de rats présentes en France
Une fois établi qu’il s’agit d’un rat, la distinction se poursuit. Deux espèces cohabitent sur le territoire, et elles n’occupent pas les mêmes parties d’un bâtiment. Le repère le plus simple tient à la queue.


La conséquence pratique est directe. Des bruits au-dessus de votre tête, dans les combles ou un faux plafond, orientent vers le rat noir et supposent de traiter en hauteur. Des traces en cave, un terrier le long d’un mur ou une odeur près d’un regard orientent vers le surmulot, largement le plus répandu, et supposent de traiter au niveau du sol et de vérifier le réseau d’assainissement.

Le surmulot est aussi celui qui explique la plupart des situations en zone urbaine dense, où il circule par les canalisations et les vides sanitaires d’un immeuble à l’autre.
Reconnaître l’espèce à ses crottes
C’est le critère le plus accessible, parce qu’on trouve presque toujours les déjections avant de voir l’animal. Et le rapport de taille ne laisse aucune place au doute.

Trois tailles, trois formes
Ne balayez jamais des crottes de rongeur à sec et n’utilisez pas l’aspirateur sur elles : cela met en suspension des poussières contaminées. Humidifiez la zone avec un désinfectant, laissez agir, ramassez avec des gants et un essuie-tout, puis jetez dans un sac fermé. La méthode complète figure sur notre page dédiée aux signes de présence de souris.
Les maladies transmises par les rats
Le sujet mérite d’être traité avec exactitude, car il circule autant d’exagérations que de sous-estimations. En France, le risque principal porte un nom : la leptospirose. La bactérie est présente dans l’urine du rat, contamine les sols humides et les eaux stagnantes, et pénètre par une plaie, même minime, ou par les muqueuses.

Ce qui est documenté, ce qui est surestimé
- Manipuler de la terre ou des végétaux humides dans un jardin fréquenté par des rats, sans gants.
- Nettoyer une cave, un vide sanitaire ou un local à déchets souillé, sans protection ni désinfection préalable.
- Une plaie en contact avec de l’eau stagnante ou de la boue en zone infestée.
- Consommer un aliment ayant été en contact avec des déjections : jetez tout emballage rongé.
Consultez un médecin en cas de fièvre, de courbatures marquées, de maux de tête intenses ou d’un syndrome pseudo-grippal dans les jours suivant une exposition, et signalez le contexte : le tableau est facilement pris pour une grippe. Un dernier risque, souvent oublié, n’est pas sanitaire mais matériel : le rongement des gaines électriques est une cause d’incendie reconnue.
Ce que fait une entreprise de dératisation
La question se pose légitimement, puisque appâts et pièges sont en vente libre. La différence ne tient pas au produit seul mais à six éléments qu’un particulier ne réunit pas facilement.

Six composantes de la prestation
Le point décisif est le colmatage. Un traitement qui élimine les individus présents sans fermer les accès sera suivi d’une nouvelle population dans les mois qui viennent : les rongeurs suivent des voies de circulation qui, elles, ne disparaissent pas. C’est pour cela qu’un devis doit dire explicitement si le colmatage est inclus, seulement préconisé, ou facturé en supplément.
Le certificat Certibiocide est obligatoire pour appliquer des rodenticides à titre professionnel : demandez-le avant le tarif. Nous recensons des entreprises de dératisation département par département, et vous pouvez décrire votre situation depuis notre page trouver une entreprise. Nous n’intervenons pas nous-mêmes et ne vendons aucun produit.
Pour les tarifs, les fourchettes par type de logement, la comparaison des devis et la question de la prise en charge en location, voyez notre page sur le prix d’une dératisation.
Le dossier, question par question
Une fois l’espèce identifiée, cinq questions se posent dans l’ordre. Chacune est traitée en détail dans une page dédiée.
- Suis-je sûr d’avoir des rongeurs ? Crottes, bruits, rongements, traînées grasses, odeur d’urine : voyez les signes de présence de souris, qui détaillent aussi l’inspection et l’évaluation de l’ampleur.
- Que faire, dans quel ordre ? Localiser les entrées, boucher, couper les ressources, éliminer, contrôler. L’ordre décide du résultat : voyez se débarrasser des souris.
- Quel piège choisir et où le poser ? Cinq types, un nombre et un placement qui comptent plus que le modèle : voyez piège à souris, lequel choisir.
- Avec quel appât ? Le fromage est un mythe, la dose se compte en grain de riz : voyez quel appât pour souris choisir.
- Les répulsifs à ultrasons fonctionnent-ils ? Non, et l’explication réglementaire est intéressante : voyez ultrasons souris, est-ce que ça marche.
Et si vous cherchez à comparer le coût d’une intervention avec celui d’un traitement mené vous-même, notre page sur le prix d’une dératisation chiffre les deux.
- ANSES : information sur les rongeurs commensaux, rodenticides autorisés et méthodes de lutte.
- Santé publique France : information sur la leptospirose, transmission et prévention.
- Muséum national d’Histoire naturelle : répartition et biologie du surmulot et du rat noir.
- Ministère chargé de la Transition écologique : certification Certibiocide des applicateurs professionnels.
