Nid de guêpes

Nid gris fermé en cavité ou petit nid ouvert de poliste : la conduite à tenir n'est pas la même. Et on ne bouche jamais l'orifice d'un nid dans un mur.

La réponse en bref

Avant tout, regardez la forme du nid. Une boule de papier gris fermée, cachée dans une cavité, signe une guêpe commune : la colonie compte plusieurs milliers d’individus en fin d’été et défend vivement son nid. Un petit nid ouvert, dont on voit les alvéoles par dessous, est celui d’une guêpe poliste : quelques dizaines d’individus, peu agressifs, souvent à laisser tranquilles.

Deux règles valent dans tous les cas. Ne bouchez jamais l’orifice d’entrée d’un nid logé dans un mur ou un coffre de volet : les guêpes percent une autre issue, fréquemment vers l’intérieur du logement. Et sachez qu’une colonie de guêpes meurt chaque hiver et que le nid n’est jamais réutilisé.

Guêpe commune ou guêpe poliste

C’est la distinction la plus utile, et presque jamais faite. Deux insectes très différents sont appelés « guêpe », et la conduite à tenir n’est pas la même.

Guêpe commune Vespula, jaune vif et noire
La guêpe commune du genre Vespula, celle qui bâtit un nid de papier gris fermé dans une cavité.

Deux nids, deux niveaux de risque

Deux guêpes, deux situations très différentesVespula, la guêpe communeEnveloppe de papier gris FERMÉECachée dans une cavité : mur, coffrede volet, comble, trou dans le solPlusieurs milliers d’individusDéfend vivement son nidPolistes, la guêpe polistePetit nid OUVERT, sans enveloppeAlvéoles visibles par dessous, à l’airlibre sous un auvent ou une rambardeQuelques dizaines d’individusPeu agressive, souvent à laisser

La guêpe commune du genre Vespula bâtit une enveloppe de papier gris fermée dans une cavité et forme des colonies de plusieurs milliers d’individus. La poliste construit un petit nid ouvert, alvéoles visibles, de quelques dizaines d’individus seulement.

Le nid de poliste est celui qu’on découvre sous un auvent, une rambarde de balcon ou le dessous d’un rebord : un disque d’alvéoles nues, sans enveloppe, tenu par un pédoncule. On y voit souvent les guêpes immobiles dessus. Ces colonies restent petites et n’attaquent guère si on ne touche pas au nid. Hors d’un lieu de passage, il n’y a pas de raison de le détruire.

Le nid de guêpe commune est l’inverse : invisible, car logé dans une cavité, et repéré au ballet continu des ouvrières à un même orifice. C’est celui qui justifie une intervention lorsqu’il est proche du logement.

Pourquoi vous le découvrez toujours en août

La question revient sans cesse : « le nid est apparu d’un coup ». Il n’est pas apparu, il est devenu visible.

La courbe de la colonie

Pourquoi vous découvrez le nid en aoûtLargeur des barres strictement proportionnelle à l’effectif (1 individu = 0,108 px)AvrilJuinAoûtSeptembrequelques dizaines, la reine seule puis ses premières ouvrièresquelques centaines, le nid grossit mais reste discretquelques milliers, les allées et venues se voientPic d’effectif ET d’agressivité : la colonie décline, les ouvrières cherchent du sucreOrdres de grandeur : l’effectif réel varie fortement selon l’espèce et l’année.

Au printemps la reine est seule, puis les premières ouvrières se comptent par dizaines. L’effectif atteint quelques milliers en fin d’été : c’est le moment où les allées et venues deviennent impossibles à ignorer, et où les guêpes sont les plus irritables.

Ce pic de fin d’été explique aussi l’agressivité perçue. La colonie cesse d’élever du couvain, les ouvrières n’ont plus de larves à nourrir et se rabattent sur les sucres : fruits tombés, boissons, tables de terrasse. Elles ne sont pas devenues méchantes, elles ont changé de régime et sont plus nombreuses.

Bonne nouvelle contre-intuitive : la colonie entière meurt aux premiers froids. Seules les futures reines fécondées survivent, à l’écart, et elles ne réoccuperont jamais ce nid. Un nid découvert en octobre ne mérite presque jamais une intervention. Le détail de ce cycle est expliqué sur notre page consacrée à la reine et le cycle annuel.

Où les guêpes s’installent

La guêpe commune cherche une cavité sèche, sombre et abritée, avec un accès étroit. Votre maison en offre plusieurs sans le vouloir.

Petit nid ouvert de guêpe poliste sous un auvent, alvéoles visibles
Le nid ouvert d'une guêpe poliste : un disque d'alvéoles nues, sans enveloppe, tenu par un pédoncule. Quelques dizaines d'individus, et rarement de quoi intervenir.

Six emplacements et leur niveau de risque

Les six emplacements les plus fréquentsCoffre de volet roulantChaud, sec, à l’abri, avecune fente d’accès idéaleRisque élevéle nid donne dans la pièceTrou dans le solTalus, pelouse, ancien terrierinvisible avant de tondreRisque élevéla vibration déclenche l’attaqueCavité de murDerrière un bardage, unebrique creuse, un joint ouvertRisque moyen à élevéselon la hauteur et le passageComble ou grenierSous la laine, contre unepanne, près d’une tuile levéeRisque moyenpeu de passage, mais gros nidSous un auventPetit nid ouvert de poliste,alvéoles visibles par dessousRisque faiblesouvent à laisser en placeHaie ou abri de jardinSous une planche, dans uncomposteur, un pot retournéRisque faible à moyengênant surtout à la taille

Le coffre de volet roulant et le trou dans le sol sont les deux situations les plus problématiques : le premier donne directement dans une pièce, le second est invisible avant le passage de la tondeuse.

Le nid en terre est le plus dangereux de tous. Rien ne le signale, et la vibration d’une tondeuse ou d’un motoculteur déclenche une sortie massive. Si vous vous faites piquer plusieurs fois de suite en tondant, arrêtez-vous, éloignez-vous sans gestes brusques et repérez le trou à distance avant toute autre opération. Les piqûres multiples justifient un appel au 15, même sans allergie connue : voyez notre page sur la piqûre de guêpe et de frelon.

Le nid dans un mur ou un coffre de volet

C’est le cas de figure qui provoque le plus d’erreurs, et l’une d’elles a des conséquences directes.

Nid de guêpes installé dans un coffre de volet roulant
Un nid de guêpes dans un coffre de volet roulant. N'actionnez plus le volet, et surtout ne bouchez pas l'orifice d'entrée : elles perceraient vers l'intérieur de la pièce.

Ne bouchez jamais l’orifice

L’erreur qui fait entrer les guêpes chez vousAvantintérieur du logementUne seule issue, vers l’extérieurAprès avoir bouchéintérieur du logementElles percent vers le côté le plus tendrePlâtre, cloison ou caisson ne résistent pas : laissez l’orifice ouvert.

Tant que le nid est vivant, l’orifice est sa seule issue. Obstrué, les guêpes percent vers le matériau le plus tendre, c’est-à-dire vers la cloison, le plâtre ou le caisson intérieur : elles débouchent dans la pièce.
Nid en cavité : la conduite à tenir

  • Laissez l’orifice ouvert jusqu’au traitement, sans exception.
  • Ne manœuvrez plus le volet si le nid est dans le coffre : le tablier écrase le nid et provoque une sortie de colonie à l’intérieur.
  • Fermez la fenêtre concernée et calfeutrez provisoirement le jeu autour du caisson par l’intérieur, avec un adhésif large.
  • Repérez l’orifice exact à distance, en observant les allées et venues : le professionnel injectera par là.
  • Ne bombez rien dans la cavité : un aérosol du commerce n’atteint pas un nid enfoui et ne fait qu’exciter la colonie.
  • Bouchez seulement après, quand l’activité a définitivement cessé, pour éviter une réinstallation les années suivantes.

Faut-il faire détruire le nid

La réponse honnête est : pas toujours. Le critère n’est ni la taille du nid ni votre dégoût des guêpes, c’est la distance au passage humain.

La grille de décision

Faut-il vraiment faire détruire ce nid ?Oui, sans hésiterNid en cavité à moins de 4 ou 5 md’une porte, d’une fenêtre, d’un jeuNid dans un coffre de volet, unecloison, un comble habitéNid en terre sur une zone tonduePersonne allergique au foyer,enfant en bas âge, animalVous pouvez laisserPetit nid ouvert de poliste, sous unauvent, hors de tout passageNid haut dans un arbre, à l’écartNid découvert en octobre : la coloniemeurt de toute façon en hiverNid vide de l’année passée : il n’estjamais réoccupé

Un nid en cavité près d’une ouverture, dans une cloison, ou en terre sur une zone tondue justifie une intervention. Un petit nid de poliste à l’écart, un nid haut dans un arbre ou un nid découvert à l’automne peuvent rester en place.

Rappelons aussi ce que les guêpes font pour vous : elles sont de redoutables prédatrices d’insectes, y compris de chenilles et de mouches, et participent à la pollinisation. Détruire par principe tout nid aperçu dans un jardin n’a pas d’intérêt.

Si l’intervention est justifiée, les méthodes employées, les tarifs pratiqués et la question de la participation de la commune sont détaillés sur notre page destruction d’un nid de guêpes et de frelons.

Ce qu’il ne faut pas tenter

Les cinq gestes à écarter

  • Le jet d’eau. Il n’atteint pas le cœur du nid, mobilise la colonie entière et vous laisse sans échappatoire, souvent sur une échelle.
  • Le feu ou l’essence. Sur une charpente, un bardage ou un coffre de volet, le risque d’incendie est réel et l’accident domestique est fréquent.
  • L’aérosol du commerce sur un nid en cavité. Le produit reste en surface. Sur un petit nid de poliste accessible, à la tombée de la nuit, il peut suffire.
  • Boucher l’entrée. Voir plus haut : c’est la pire des idées.
  • Intervenir en pleine journée. Toute la colonie est là, en activité. Les professionnels travaillent tôt le matin ou à la nuit tombée.

Il faut par ailleurs être sûr de l’insecte avant d’agir. Un essaim d’abeilles ne se détruit pas, il se récupère par un apiculteur, et un frelon européen ne présente pas le même enjeu qu’un frelon asiatique. Notre page pour distinguer guêpe, abeille et frelon permet de trancher en quelques secondes, et si le doute porte sur un frelon, voyez le frelon asiatique et son nid. Enfin, si vous envisagiez de poser des pièges, lisez d’abord ce que valent réellement les pièges à frelons et à guêpes. L’ensemble du sujet est repris dans notre guide du traitement des guêpes et frelons.

Sources

  • Muséum national d’Histoire naturelle : fiches des hyménoptères sociaux de France.
  • INRAE : biologie et cycle des guêpes sociales du genre Vespula.
  • Services départementaux d’incendie et de secours : consignes publiques sur les nids d’hyménoptères.

Questions fréquentes

À quoi ressemble un nid de guêpes ?

Tout dépend de l'espèce. La guêpe commune bâtit une boule de papier gris à l'enveloppe fermée, cachée dans une cavité : mur, coffre de volet, comble, trou dans le sol. On ne voit alors que le va-et-vient à un orifice. La guêpe poliste construit à l'air libre un petit nid ouvert, en forme de disque, dont on distingue les alvéoles par dessous.

Comment savoir si un nid de guêpes est dangereux ?

Le critère n'est pas la taille du nid mais la distance au passage. Un nid en cavité à moins de quatre ou cinq mètres d'une porte, d'une fenêtre ou d'une aire de jeux justifie une intervention, de même qu'un nid dans une cloison, un coffre de volet ou un comble habité. Un petit nid de poliste à l'écart ne présente guère de risque.

Peut-on boucher le trou d'un nid de guêpes dans un mur ?

Non, jamais, et c'est l'erreur la plus lourde de conséquences. Tant que la colonie est vivante, cet orifice est sa seule issue. Bouché, les guêpes percent vers le matériau le plus tendre, c'est-à-dire vers la cloison, le plâtre ou le caisson intérieur : elles débouchent dans la pièce. Laissez l'orifice ouvert jusqu'au traitement.

Pourquoi y a-t-il autant de guêpes en août et septembre ?

Parce que la colonie atteint alors son effectif maximal, plusieurs milliers d'individus pour une guêpe commune, alors qu'elle ne comptait que quelques dizaines d'ouvrières au printemps. Elle cesse en même temps d'élever du couvain, si bien que les ouvrières n'ont plus de larves à nourrir et se rabattent sur les sucres : fruits, boissons, tables de terrasse.

Un nid de guêpes revient-il au même endroit l'année suivante ?

Non. La colonie entière meurt aux premiers froids et le nid n'est jamais réoccupé. Seules les futures reines fécondées passent l'hiver, isolément et ailleurs, pour fonder un nid neuf au printemps. Un nid vide découvert en hiver ou au printemps ne présente aucun danger.

Faut-il détruire un nid de guêpes découvert en octobre ?

Presque jamais. À cette date la colonie est en fin de vie et va disparaître d'elle-même avec le froid. Sauf s'il gêne réellement un passage quotidien, il est raisonnable d'attendre. Vous pourrez ensuite boucher la cavité pour éviter une réinstallation les années suivantes.

Que faire si je me fais piquer plusieurs fois en tondant ?

Il y a probablement un nid en terre. Arrêtez-vous, éloignez-vous sans gestes brusques et sans courir en agitant les bras, puis repérez le trou à distance. Des piqûres multiples justifient un appel au 15 même en l'absence d'allergie connue, car la quantité de venin injectée peut suffire à provoquer une réaction générale.

Un aérosol du commerce suffit-il contre un nid de guêpes ?

Sur un petit nid ouvert de poliste, accessible et traité à la tombée de la nuit, il peut suffire. Sur un nid en cavité, non : le produit reste en surface, n'atteint ni le couvain ni la reine, et ne fait qu'exciter la colonie. La cavité demande une injection dans l'orifice, ce qui relève d'un professionnel équipé.

Comment différencier un nid de guêpes d'un nid de frelons ?

Un nid de guêpes reste généralement plus petit, il est gris et il est le plus souvent caché dans une cavité. Un nid de frelon asiatique forme une sphère ou une poire beige à brun clair pouvant atteindre 80 cm, presque toujours haut dans un arbre en fin de saison, avec un petit orifice latéral de 3 à 4 cm.

Faut-il détruire toutes les guêpes du jardin ?

Non, et ce serait contre-productif. Les guêpes sont de redoutables prédatrices d'insectes, chenilles et mouches comprises, et participent à la pollinisation. On intervient sur un nid qui crée un risque réel de contact, pas par principe sur tout nid aperçu dans un jardin.

Marc Aubert Rédigé par Marc Aubert Spécialiste guêpes et frelons

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