Septembre n’est pas un mois calme, c’est un mois de bascule. Plusieurs espèces changent de comportement en même temps, et pour une raison commune : les colonies passent de la croissance à la reproduction, et les animaux qui hivernent commencent à chercher un abri.
Concrètement, c’est le mois où trois fenêtres d’intervention se ferment : la destruction utile des nids de frelon asiatique, le traitement biologique des chenilles processionnaires, et le colmatage avant l’arrivée des rongeurs.
Et c’est aussi le mois où les guêpes deviennent insupportables, pour une raison précise que peu de gens connaissent.
Frelon asiatique : la dernière fenêtre vraiment utile
C’est le point le plus mal compris de la saison, et celui qui a le plus de conséquences. Les signalements de nids explosent en octobre, à la chute des feuilles, quand les nids deviennent enfin visibles. Or à cette date, une destruction n’a presque plus d’effet sur la population de l’année suivante.
« On détruit les nids de frelon asiatique quand on les voit, à la chute des feuilles. »
Un nid mature produit ses futures fondatrices en fin de saison, et celles-ci quittent le nid pour aller hiverner isolément. Une fois qu’elles sont parties, détruire le nid ne change rien : il est de toute façon abandonné à l’hiver et jamais réoccupé. La destruction n’a d’effet sur la population future que si elle intervient avant l’essaimage des fondatrices.
C’est l’ordre de grandeur du nombre de futures fondatrices qu’un nid mature peut produire. Toutes ne survivront pas à l’hiver, loin de là, mais c’est ce chiffre qui fait la différence entre une destruction en septembre et une destruction en novembre.Ordre de grandeur : les valeurs publiées sont très dispersées selon la taille et l’exposition du nid.
La conduite à tenir n’a pas changé : on ne s’approche pas d’un nid, on ne tente rien soi-même, on fait intervenir un professionnel équipé. Le détail est sur destruction d’un nid de frelon, et la reconnaissance de l’espèce sur frelon asiatique.
Guêpes : pourquoi elles deviennent insupportables maintenant
Tout le monde a remarqué que les guêpes s’invitent à table surtout en fin d’été, et presque personne ne sait pourquoi. Ce n’est ni un caprice ni une question de température : c’est une conséquence directe du cycle de la colonie.
Pendant tout l’été, les ouvrières chassent des insectes pour nourrir les larves. En échange, les larves leur fournissent une sécrétion sucrée qu’elles consomment. C’est leur source de glucides. Quand la reine cesse de pondre en fin de saison, les larves disparaissent, et cette source se tarit d’un coup.
Les ouvrières vont donc chercher le sucre ailleurs. D’où les fruits tombés, les canettes, les confitures et les terrasses. Elles ne sont pas devenues agressives, elles ont changé de régime.
- Couvrir les boissons et les aliments sucrés, et vérifier une canette avant d’y boire : la piqûre dans la bouche ou la gorge est le vrai danger de septembre.
- Ramasser les fruits tombés sous les arbres, qui sont le principal appel dans un jardin.
- Ne pas frapper ni souffler sur une guêpe : le souffle et les mouvements brusques déclenchent la défense. On laisse passer.
- Laisser les nids éloignés en place. La colonie meurt à l’automne, le nid n’est jamais réoccupé, et il ne reste plus que quelques semaines à tenir.
Chenilles processionnaires : c’est maintenant que le traitement se pose
Les jeunes larves sont en place et les nids d’hiver ne sont pas encore constitués. C’est la fenêtre du traitement biologique, celle qui coûte le moins cher et demande le moins de moyens. Passé l’automne, il ne reste que les écopièges avant la descente, puis l’échenillage mécanique, nettement plus lourds.
Le sujet concerne d’abord les propriétaires de pins, et les communes pour leurs propres arbres : cours d’école, parcs, stades, alignements. Nous publions un relevé communal pour les collectivités, avec les surfaces d’essences hôtes et les lieux publics concernés.
Pour les particuliers, la marche à suivre est sur destruction des nids et écopièges et pièges à phéromones. Et si un chien a été en contact, la conduite à tenir relève de l’urgence vétérinaire.
Rongeurs : ils entrent, c’est le moment de fermer
Deux choses se produisent en même temps à la fin de l’été : les ressources extérieures diminuent après les moissons et les premières fraîcheurs, et l’écart de température entre le dehors et un bâtiment chauffé devient perceptible. Les premiers grattements dans les combles se signalent presque toujours entre septembre et novembre.
Septembre est donc le mois du colmatage préventif, celui où l’on ferme avant que quoi que ce soit ne soit entré. C’est un travail bien plus simple qu’en janvier, où il faut d’abord vider les lieux sous peine d’enfermer un animal dans une cloison. Les diamètres, les matériaux qui tiennent et l’ordre des opérations sont détaillés dans notre guide boucher les accès des rongeurs avant l’hiver.
Punaises de lit : le pic de la rentrée
Il n’y a rien de biologique ici, seulement de l’humain : septembre concentre les retours de vacances, les déménagements et les emménagements étudiants. Les signalements suivent, avec quelques semaines de décalage, le temps qu’une population introduite devienne détectable.
Le réflexe utile est celui du retour de voyage : ne pas poser la valise sur le lit, inspecter les coutures du matelas et le sommier, et passer le linge au sèche-linge à haute température plutôt que de le ranger directement. Le détail est sur détecter une infestation et d’où viennent-elles.
Le calendrier de septembre en un tableau
| Espèce | Ce qui se passe | Fenêtre |
|---|---|---|
| Frelon asiatique | Nid au maximum, futures fondatrices sur le départ | Se ferme maintenant |
| Chenilles processionnaires | Jeunes larves, avant le nid d’hiver | Septembre à octobre |
| Rongeurs | Début des entrées dans les bâtiments | Colmater avant novembre |
| Guêpes | Bascule vers le sucre, nuisance maximale | Patienter, la colonie meurt |
| Punaises de lit | Pic lié aux retours et aux emménagements | Inspecter au retour |
| Moustique tigre | Encore actif, surveillance en cours | Vider les eaux stagnantes |
Septembre récompense l’anticipation et punit l’attente. Trois des interventions listées ici coûteront deux à trois fois plus cher si elles sont reportées à l’hiver, et l’une d’elles, la destruction d’un nid de frelon, n’aura tout simplement plus le même effet.
- Muséum national d’Histoire naturelle : biologie et cycle annuel de Vespa velutina, et dispositif national de signalement.
- Travaux d’entomologie sur le cycle des colonies de Vespula et la trophallaxie larvaire, qui explique la recherche de sucres en fin de saison.
- FREDON et bulletins de santé du végétal : calendrier de lutte contre les chenilles processionnaires du pin et du chêne.
- ANSES : dossiers relatifs aux rongeurs commensaux et aux punaises de lit.
- Agences régionales de santé : surveillance entomologique du moustique tigre.