La reine et le cycle du frelon

Une colonie ne dure qu'une saison : tout meurt en hiver sauf les jeunes femelles fécondées. Une reine seule trouvée en mars ne signale aucun nid.

La réponse en bref

Une colonie de frelons ne dure qu’une seule saison. Aux premiers froids, tout meurt : les ouvrières, les mâles et même la reine fondatrice. Seules les jeunes femelles fécondées de l’automne passent l’hiver, isolément, sous une écorce, dans du bois mort ou un tas de bûches. Chacune peut fonder un nid au printemps suivant.

C’est la raison pour laquelle un nid n’est jamais réutilisé l’année suivante, et pourquoi une reine trouvée seule dans un garage en mars ne signale aucun nid : elle vient de sortir d’hibernation et cherche un site.

Reine ou ouvrière

Une seule femelle pond dans une colonie de frelons. Tout le reste, ce sont ses filles stériles, les ouvrières, et à l’automne des mâles et des futures reines.

Reine fondatrice de frelon asiatique, nettement plus massive qu'une ouvrière
Une fondatrice de frelon asiatique : même livrée qu'une ouvrière, mais nettement plus grande et plus massive. C'est elle que l'on croise isolée en février et mars.

Les deux formes que vous pouvez rencontrer

Reine et ouvrière : ce qui change vraimentLa reine fondatriceNettement plus grande et plus massiveUne seule par colonie. Elle seule pond.Elle est la seule à passer l’hiver.Visible surtout en février, mars, avrilL’ouvrièrePlus petite, stérileDes centaines puis des milliers par nid.Elle meurt avec la colonie en hiver.Visible de mai à novembre

La reine fondatrice est nettement plus grande et plus massive qu’une ouvrière. Elle est la seule à passer l’hiver, ce qui explique qu’un gros individu isolé observé en février ou mars soit presque toujours une fondatrice.

Une précision utile : la taille est un bon indice entre reine et ouvrière d’une même espèce, mais elle ne sert à rien pour distinguer un frelon asiatique d’un frelon européen, où les gabarits se chevauchent. Là, il faut regarder la couleur du thorax et l’extrémité des pattes, comme expliqué sur notre page consacrée au frelon asiatique.

Le cycle annuel en cinq étapes

Comprendre ce calendrier suffit à répondre à presque toutes les questions pratiques : pourquoi le nid grossit d’un coup en été, pourquoi il ne sert à rien de le détruire en janvier, et à quel moment une intervention coûte le moins.

De l’hibernation à la dispersion

Le cycle annuel, mois par moisFrise strictement linéaire : 45 px par mois. Les dates varient selon la région et la météo.JFMAMJJASOND1. Hibernationla reine fécondée dort seule, à l’abri2. Fondationelle sort, choisit un abri et bâtit un nid primaire3. Premières ouvrièreselle ne sort plus, elle pond4. Croissance et nid secondairedes milliers5. Futures reinesplusieurs centaines produites, puis dispersionAux premiers froids, toute la colonie meurt, la reine fondatrice comprise.Seules les jeunes femelles fécondées survivent. Le nid est abandonné, jamais réoccupé.

La reine hiberne, fonde un nid primaire au printemps, élève seule ses premières ouvrières, puis la colonie croît jusqu’à des milliers d’individus. À l’automne elle produit des futures reines, et tout meurt aux premiers froids.

Deux conséquences pratiques découlent directement de cette frise. D’abord, un nid trouvé en hiver est vide : le faire retirer ne relève plus de la sécurité mais de l’esthétique ou du risque de chute de la structure. Ensuite, une intervention en septembre a un effet réel puisqu’elle empêche la production des futures reines, alors qu’une intervention en novembre arrive après leur départ.

Le calendrier de visibilité du nid, sa forme et l’endroit où le chercher selon la saison sont détaillés sur notre page pour reconnaître un nid de frelons.

Où la reine passe l’hiver

La fondatrice ne construit pas d’abri pour l’hiver. Elle se glisse dans un interstice existant, s’immobilise et attend, seule, sans se nourrir.

Grenier encombré de cartons et de vieux meubles
Une reine fondatrice hiverne seule dans un abri sec : combles, tas de bois, carton oublié dans un grenier. C'est là qu'on la surprend en fin d'hiver.

Quatre abris typiques

Où dort la reine, et pourquoi vous en trouvez une en marsSous une écorcesouche, arbre mortDans un tas de bûchesle cas le plus fréquent chez soiDans la terrequelques centimètres sous la surfaceDans un abrigarage, cabane, volet repliéUne reine trouvée seule en février ou mars n’est pas le signe d’un nid.Elle vient de sortir d’hibernation et cherche un site. Il n’y a encore ni nid ni ouvrières autour d’elle.

Sous une écorce ou dans du bois mort, dans un tas de bûches, à quelques centimètres sous la terre, ou dans un abri fermé comme un garage ou un volet replié.

Le tas de bûches est le cas le plus courant chez les particuliers, ce qui explique les découvertes surprises au moment de rentrer du bois. À la sortie d’hibernation, la fondatrice est engourdie, lente, et n’a aucun nid à défendre : elle n’est pas dans une logique d’attaque.

Une reine seule chez vous en février ou mars

  • Ce n’est pas le signe d’un nid. Aucune ouvrière n’existe encore à cette saison.
  • N’appelez pas d’entreprise pour un individu isolé. Il n’y a rien à traiter.
  • Ouvrez et laissez-la sortir si elle est dans une pièce, sans l’exciter, avec un verre et une feuille de papier.
  • Vérifiez ensuite les abris autour du logement, en avril et mai : c’est là qu’un nid primaire peut apparaître.
  • Identifiez-la avant tout jugement. Un gros individu isolé au printemps est souvent un frelon européen, une reine de guêpe ou même un bourdon.

Le nid primaire, et pourquoi le printemps compte

Quand la fondatrice choisit son site, elle bâtit d’abord un petit nid où elle pond et élève sa première génération. Pendant quelques semaines, elle est seule : elle chasse, nourrit, construit et pond sans aide.

Nid primaire de frelon asiatique construit par la reine seule
Le nid primaire, œuvre de la reine seule. Pendant quelques semaines elle chasse, construit, nourrit et pond sans aide : c'est la phase la plus vulnérable du cycle.

Trois états du nid, trois niveaux de difficulté

La fenêtre du printempsMars à maiLa reine, SEULENid de la taille d’une ballede tennis, à portée de mainAucune défense collectiveJuin, juilletPremières ouvrièresLa reine ne sort plus.Le nid est défendu.Il faut un professionnelAoût ànovembreNid secondaireDes milliersd’ouvrières

Au printemps, un nid de la taille d’une balle de tennis abrité par une reine solitaire, sans défense collective. En été, les premières ouvrières le défendent. En fin de saison, un nid secondaire abrite des milliers d’individus.

Cette phase solitaire est la plus vulnérable du cycle, et c’est aussi pourquoi environ neuf fondatrices sur dix n’aboutissent pas : elles meurent de froid, de prédation, d’épuisement, et surtout en se disputant les sites avec les autres reines. Ce dernier point a une conséquence directe sur l’efficacité du piégeage de printemps, que nous examinons en détail sur notre page consacrée aux pièges à frelons.

Un nid primaire n’est pas pour autant à retirer soi-même. Même petit, il déclenche une défense si la reine est présente, et le geste se fait souvent en équilibre sous une gouttière ou dans un coffre de volet. Signalez-le, faites-le traiter : à ce stade l’intervention est simple et son coût est au plus bas.

Combien de reines un nid produit-il

La question inquiète, et la réponse brute a de quoi impressionner : un nid mature produit plusieurs centaines de futures reines à l’automne. Mais ce chiffre isolé induit en erreur.

L’entonnoir de la survie

Des centaines de reines produites, très peu de nids au boutLargeur proportionnelle à l’effectif. Ordres de grandeur.Automne : plusieurs centaines de futures reines quittent le nidHiver : beaucoup n’y survivent pasfroid, prédation, abri mal choisiPrintempscelles qui sortent se concurrencent : environ 90 % y perdent la vieLes nids réellement fondés

Des centaines de futures reines quittent le nid à l’automne. La plupart ne survivent pas à l’hiver, et parmi celles qui sortent au printemps, environ 90 % disparaissent en se concurrençant pour un site.

Autrement dit, la nature élimine déjà l’essentiel de cette production. C’est pour cela que la destruction du nid en fin d’été reste la mesure la plus efficace : elle intervient en amont de l’entonnoir, quand les futures reines sont encore toutes réunies au même endroit. Les modalités et les tarifs sont détaillés sur notre page destruction d’un nid de frelons.

Le cycle des guêpes suit le même principe, avec des effectifs plus modestes et une saisonnalité proche : voyez notre page sur le nid de guêpes. Pour ne pas confondre les espèces avant d’agir, notre page guêpe, abeille ou frelon donne les critères en quelques secondes, et en cas de piqûre, la conduite à tenir est sur piqûre de guêpe et de frelon. L’ensemble est repris dans notre guide du traitement des guêpes et frelons.

Sources

  • Muséum national d’Histoire naturelle : biologie de Vespa velutina en France.
  • INRAE : cycle biologique et dynamique des populations du frelon asiatique.
  • ITSAP-Institut de l’abeille : travaux sur les fondatrices et le piégeage de printemps.

Questions fréquentes

À quoi ressemble une reine de frelon asiatique ?

Elle est nettement plus grande et plus massive qu'une ouvrière, avec la même livrée : thorax entièrement noir velouté et extrémités des pattes jaunes. La taille est un bon indice entre reine et ouvrière d'une même espèce, mais elle ne sert à rien pour distinguer un frelon asiatique d'un frelon européen, dont les gabarits se chevauchent.

J'ai trouvé un gros frelon seul en février, est-ce grave ?

Non, et ce n'est pas le signe d'un nid. Aucune ouvrière n'existe à cette saison : il s'agit d'une fondatrice qui vient de sortir d'hibernation et cherche un site. Elle est engourdie et n'a aucun nid à défendre. Laissez-la sortir, sans appeler d'entreprise puisqu'il n'y a rien à traiter.

Où la reine passe-t-elle l'hiver ?

Seule, immobile et sans se nourrir, dans un interstice existant : sous une écorce, dans du bois mort, à quelques centimètres sous la terre, ou dans un abri fermé comme un garage, une cabane ou un volet replié. Le tas de bûches est le cas le plus fréquent chez les particuliers.

Combien de temps vit une colonie de frelons ?

Une seule saison. Aux premiers froids, tout meurt : les ouvrières, les mâles et la reine fondatrice elle-même. Seules les jeunes femelles fécondées de l'automne survivent, isolément et ailleurs. C'est pourquoi un nid est abandonné chaque hiver et n'est jamais réutilisé l'année suivante.

Combien de reines un nid de frelons produit-il ?

Un nid mature produit plusieurs centaines de futures reines à l'automne. Ce chiffre impressionne mais induit en erreur : la plupart ne survivent pas à l'hiver, et parmi celles qui sortent au printemps, environ 90 % disparaissent en se concurrençant pour un site. Très peu de nids sont finalement fondés.

Qu'est-ce que le nid primaire ?

C'est le premier nid que la fondatrice bâtit seule au printemps, de la taille d'une balle de tennis, souvent à hauteur d'homme sous une gouttière, dans un abri de jardin, un coffre de volet ou un composteur. Elle y pond et élève seule sa première génération d'ouvrières pendant quelques semaines.

Pourquoi le printemps est-il la période décisive ?

Parce que la fondatrice est alors seule : elle chasse, construit, nourrit et pond sans aide, et le nid n'a aucune défense collective. C'est la phase la plus vulnérable du cycle, et c'est aussi la période où une intervention est la plus simple et la moins coûteuse.

Faut-il retirer soi-même un nid primaire ?

Non. Même petit, il déclenche une défense si la reine est présente, et le geste se fait souvent en équilibre sous une gouttière ou dans un coffre de volet. Signalez-le et faites-le traiter : à ce stade l'intervention est simple et son coût est au plus bas.

Pourquoi le nid grossit-il d'un coup en été ?

Parce que la colonie change d'échelle. Après quelques semaines d'élevage solitaire, les premières ouvrières prennent le relais, la reine ne sort plus et se consacre à la ponte. L'effectif passe alors de quelques dizaines à plusieurs milliers d'individus, et la colonie migre vers un nid secondaire beaucoup plus grand.

Détruire un nid en hiver sert-il à quelque chose ?

Non, pour la sécurité, car il est déjà vide et les futures reines sont parties. En revanche une intervention en septembre a un effet réel puisqu'elle empêche la production des futures reines, alors qu'en novembre elle arrive après leur départ. Méfiez-vous d'une offre qui présenterait l'urgence d'un nid hivernal.

Le cycle des guêpes est-il le même ?

Il suit le même principe, avec des effectifs plus modestes : colonie annuelle, mort générale en hiver, survie des seules futures reines fécondées et nid jamais réoccupé. C'est ce qui explique qu'un nid de guêpes découvert en octobre ne mérite presque jamais une intervention.

Marc Aubert Rédigé par Marc Aubert Spécialiste guêpes et frelons

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