Sur un balcon en immeuble, la difficulté n’est pas technique, elle est juridique. Le sol où vous marchez est en général une partie privative à usage exclusif, mais le garde-corps, la façade et la sous-face de dalle sont des parties communes. Tout dispositif visible depuis la rue modifie l’aspect de la façade, ce qui relève de l’assemblée générale.
Concrètement : des pics posés à l’intérieur du garde-corps, invisibles de la rue, ne posent guère de problème. Un filet, une bâche ou un panneau, si.
Et avant tout dispositif, une étape que rien ne remplace : supprimer l’eau et la nourriture. Une soucoupe de pot remplie de pluie suffit à faire revenir un couple chaque jour.
Ce qui vous appartient, et ce qui appartient à tous
C’est la source de la plupart des conflits, et le point qu’on découvre trop tard, après avoir acheté le matériel.
Trois zones, deux régimes
Lisez votre règlement de copropriété avant d’acheter. Il peut être plus restrictif que le régime général, et certains interdisent explicitement tout élément rapporté sur les garde-corps. C’est le document qui tranche, pas les usages de l’immeuble ni ce qu’a fait le voisin du dessus.
Qui doit valider, selon ce que vous posez
La question à se poser d’abord
- Retirer l’eau et la nourriture, vider les soucoupes, fermer les poubelles.
- Nettoyer, avec la protection nécessaire.
- Poser des pics sur la face intérieure de la main courante, invisibles depuis la rue.
- Déplacer le mobilier qui crée des recoins abrités.
- Tendre des fils discrets à l’intérieur du garde-corps, si le règlement ne l’interdit pas.
- Un filet, quelle que soit sa couleur, dès lors qu’il se voit.
- Une bâche, un brise-vue, un panneau rapporté sur le garde-corps.
- Toute fixation dans la façade ou dans la sous-face de dalle.
- Une intervention sur plusieurs balcons, qui devient une dépense de copropriété.
Le paradoxe est réel : le filet est justement le seul dispositif efficace sur un volume de balcon, comme l’explique notre page filet anti-pigeon, et c’est celui qui demande une autorisation. L’argument à porter en assemblée est double : un filet noir se remarque beaucoup moins qu’un filet clair, et les dégâts sur la façade et les gouttières coûtent davantage que la pose.
Un balcon déjà colonisé
Quatre étapes, dans cet ordre


- Derrière les pots et les jardinières, surtout contre le mur.
- Sous le mobilier de jardin non utilisé, et sous une table repliée contre la façade.
- Dans le coffre de volet roulant, si une trappe est restée ouverte.
- Derrière un climatiseur ou une unité extérieure, endroit chaud et abrité.
- Dans les cartons et objets stockés, qui offrent exactement l’abri recherché.
Si un nid est occupé, on attend l’envol des jeunes avant de fermer : enfermer est interdit, et les oiseaux piégés meurent sur place. Le nettoyage, lui, demande de vraies précautions que nous détaillons sur fientes de pigeon : jamais de balai, jamais d’aspirateur à sec.
Le voisin qui nourrit
C’est la situation la plus démoralisante, parce qu’aucun dispositif posé chez vous ne compense un nourrissage à trois mètres.
Trois niveaux, dans l’ordre
Un argument souvent plus efficace que l’interdiction : le nourrissage nuit aux oiseaux eux-mêmes. Il concentre les populations, favorise la transmission entre individus et provoque des carences, le pain notamment n’ayant aucune valeur nutritive pour eux. Les personnes qui nourrissent le font par attachement, et cet argument porte mieux que la menace.
Les autres gestes du quotidien qui limitent l’installation sont réunis sur comment faire fuir les pigeons. Pour comprendre pourquoi les produits répulsifs ne règlent pas le problème, voyez répulsifs et effaroucheurs. Pour choisir entre pics et filet selon votre configuration, dispositifs anti-pigeon et pics anti-pigeon. Et si l’immeuble décide d’agir globalement, les tarifs sont sur dépigeonnage par un professionnel. L’ensemble est repris dans notre guide du traitement des pigeons.
- Loi du 10 juillet 1965 fixant le statut de la copropriété des immeubles bâtis.
- Règlements sanitaires départementaux : dispositions relatives au nourrissage des animaux.
- Ligue pour la protection des oiseaux : effets du nourrissage sur les populations urbaines.
- Code pénal, article 521-1, relatif aux mauvais traitements envers les animaux.
