Le moustique qui vous pique dans votre jardin y est probablement né. Le moustique tigre ne s’éloigne guère au-delà de 150 mètres de son gîte : il n’arrive pas de la commune voisine, il sort d’une soucoupe, d’un seau ou d’une gouttière à quelques pas.
Il lui faut environ une semaine pour passer de l’œuf à l’adulte en été. D’où la règle : vider tout ce qui retient l’eau chaque semaine, sans exception.
Et vider ne suffit pas : les œufs collés aux parois survivent des mois au sec. Il faut frotter.
Il est né chez vous, ou à côté
C’est le fait qui change le comportement, et il est mal connu. Contrairement aux moustiques des zones humides, qui parcourent parfois plusieurs kilomètres, le moustique tigre est un moustique urbain, sédentaire, qui vit et meurt dans un mouchoir de poche.
Il est né à moins de 150 mètres
Cela retourne complètement la logique. Sur un moustique qui vient de loin, un particulier ne peut rien. Sur celui-ci, supprimer les gîtes de son propre terrain fait baisser la pression de piqûre là où l’on vit. C’est aussi pourquoi une action de voisinage, ou une campagne communale, donne des résultats sans commune mesure avec un effort isolé.
Une semaine, pas plus
Le deuxième chiffre utile est la durée du cycle. En été, une génération se boucle en sept à huit jours. Passé ce délai, les adultes s’envolent et la vidange n’a plus aucun effet sur eux.
De l’œuf à l’envol, et où tombe la vidange
« J’ai vidé la soucoupe, le problème est réglé. »
La femelle ne pond pas dans l’eau, elle colle ses œufs sur la paroi juste au-dessus du niveau. Ces œufs résistent à la dessiccation pendant des mois et éclosent à la première remise en eau. Vider un récipient sans frotter ses parois revient donc à armer un piège pour la prochaine pluie.
Où l’eau se cache dans un jardin
Il ne faut pas beaucoup d’eau : un fond de coupelle suffit. C’est ce qui rend l’inventaire fastidieux la première fois, et rapide ensuite.

- Les soucoupes de pots, de très loin la première source. Supprimez-les, ou remplissez-les de sable.
- Les gouttières et chéneaux encombrés de feuilles, qui retiennent l’eau sans qu’on la voie.
- Les récupérateurs d’eau non couverts. Une moustiquaire tendue sur l’ouverture règle la question définitivement.
- Les bâches de piscine, de bois ou de mobilier, dont les plis forment des poches.
- Les regards et siphons de terrasse, les pieds de parasol creux, les pneus stockés.
- Les jouets, arrosoirs et brouettes laissés à l’endroit, qui se remplissent à chaque averse.
- Les vases, y compris au cimetière : c’est un gîte majeur et collectif.
La méthode, une fois par semaine
- Faites l’inventaire une bonne fois. Un tour complet du terrain, en notant tout ce qui peut retenir un fond d’eau. La liste ne bouge plus ensuite.
- Supprimez ce qui peut l’être. Un récipient rangé à l’envers ou jeté ne demandera plus jamais d’entretien : c’est toujours mieux qu’un gîte à vider.
- Couvrez ce qui doit rester. Récupérateur d’eau, bidons, réserves : une moustiquaire fine et tendue, pas un simple couvercle posé.
- Videz et frottez le reste chaque semaine. Le frottage n’est pas une finition, c’est ce qui enlève les œufs collés à la paroi.
- Entretenez les gouttières deux fois par an, à la chute des feuilles et au printemps.
Ne traitez pas l’eau à l’insecticide. C’est sans intérêt sur des volumes aussi petits, cela contamine le sol et cela tue au passage les auxiliaires. La suppression physique du gîte est à la fois plus simple, plus efficace et durable.

Deux chiffres suffisent : 150 mètres et sept jours. Le premier dit que le problème est chez vous, le second à quelle fréquence agir. Tout le reste n’est que l’inventaire de vos récipients.
Pour la suite : larves et gîtes larvaires pour le détail biologique, reconnaître le moustique tigre, éloigner les moustiques, ce que valent les plantes anti-moustiques et les pièges. Si vous représentez une commune, notre espace collectivités reprend ces éléments sous forme diffusable. L’ensemble est repris dans notre guide des moustiques.
- Agences régionales de santé et portail de signalement du moustique tigre : biologie, rayon de dispersion et gestes de suppression des gîtes.
- ANSES : dossiers relatifs à la lutte antivectorielle et aux moustiques vecteurs.
- Muséum national d’Histoire naturelle : fiche Aedes albopictus.
- Littérature d’entomologie médicale sur la résistance des œufs d’Aedes à la dessiccation.