Cafards et blattes

Est-ce que les cafards volent ?

La réponse en bref

Certaines espèces volent, et ce sont rarement celles qui vous posent problème. La blatte américaine vole vraiment. La blatte germanique, celle qui infeste les logements, possède des ailes mais ne fait au mieux que planer sur quelques mètres. La blatte orientale ne vole pas du tout.

Si un insecte brun vole dans votre salon un soir d’été, c’est le plus souvent une blatte des jardins, entrée par la fenêtre, qui ne s’installera pas.

Autrement dit, le vol n’est pas un signe de gravité. Il sert à identifier l’espèce, et c’est l’espèce qui décide de la conduite à tenir.

Quelles espèces volent réellement

Quatre espèces se rencontrent couramment en France, et elles n’ont pas du tout le même rapport au vol. La confusion vient de ce que toutes les quatre ont des ailes, ce qui ne veut pas dire qu’elles s’en servent.

Blatte américaine ailes déployées en vol
La blatte américaine déploie réellement ses ailes. La germanique les porte sans savoir s'en servir sur une vraie distance.
Espèce Taille Vole ? Où on la trouve
Blatte américaine
Periplaneta americana
35 à 40 mm Oui, réellement Égouts, caves, vide-ordures, cuisines collectives
Blatte germanique
Blattella germanica
12 à 15 mm Ailée, mais plane au mieux Logements, derrière l’électroménager
Blatte orientale
Blatta orientalis
20 à 27 mm Non Caves, sous-sols, canalisations
Blatte des jardins
Ectobius sp.
7 à 12 mm Oui Dehors. Entre par la fenêtre, ne s’installe pas

La blatte orientale mérite une précision, parce qu’elle explique beaucoup d’hésitations : le mâle porte des ailes courtes qui couvrent les deux tiers de l’abdomen, la femelle n’en a que des moignons. On voit donc des ailes, et pourtant aucun des deux ne décolle.

Ce qui vole chez vous en été n’est probablement pas une blatte de maison

Idée reçue

« Il y a un cafard qui vole dans mon salon, donc j’ai une infestation. »

Ce qui est exact

C’est le plus souvent l’inverse. L’espèce qui vole et entre par la fenêtre le soir est presque toujours une blatte des jardins, attirée par la lumière. Elle vit dehors, dans la litière et les haies, et ne peut pas se reproduire durablement à l’intérieur. L’espèce qui infeste réellement les logements, la blatte germanique, est justement celle qui ne vole pas.

Le bon réflexe n’est donc pas de compter les vols mais de regarder où et quand vous voyez l’insecte. Un individu isolé, le soir, près d’une fenêtre ouverte ou d’une lampe, en été, c’est un visiteur. Plusieurs individus, la nuit, qui fuient la lumière quand vous allumez la cuisine, c’est une installation. Le détail de cette distinction est sur notre page cafard de jardin ou de maison.

Pourquoi la température décide

Le vol des blattes n’est pas un comportement de fuite ordinaire, c’est un comportement dépendant de la chaleur. En dessous d’un certain seuil, les muscles alaires ne fournissent pas la puissance nécessaire pour soulever un corps aussi lourd par rapport à la surface des ailes.

25 °C

C’est l’ordre de grandeur à partir duquel la blatte américaine se met à voler véritablement. En dessous, elle court, et elle court vite.Ordre de grandeur : les seuils rapportés varient selon les travaux et les populations.

Cela explique deux observations courantes. D’abord la saisonnalité : les signalements de blattes volantes se concentrent sur les nuits chaudes de juillet et août. Ensuite la localisation : dans un local techniquement chauffé toute l’année, chaufferie, vide-ordures, cuisine professionnelle, une blatte américaine peut voler en plein hiver.

Ce que l’espèce change concrètement

C’est là que l’identification cesse d’être une curiosité. Les quatre espèces ne se traitent pas de la même façon, et deux d’entre elles ne se traitent pas du tout.

  1. Identifier avant d’acheter quoi que ce soit. Taille, couleur, et surtout le lieu de l’observation. Une photo nette prise de dessus suffit à trancher entre une germanique et une blatte des jardins.
  2. Blatte des jardins : ne rien traiter. Elle ne se reproduit pas à l’intérieur. Une moustiquaire et l’extinction des lumières extérieures règlent la question.
  3. Blatte germanique : traiter vite et entièrement. C’est la seule qui construit une population dans le logement, et elle double très rapidement. Le protocole est sur notre page se débarrasser des cafards.
  4. Américaine et orientale : chercher le point d’eau. Elles remontent des canalisations et des caves. Le traitement du logement seul ne suffit pas, il faut colmater les passages et souvent traiter les parties communes.
Ce qu’il faut retenir

Le vol n’indique pas la gravité, il indique l’espèce. Et par une ironie qui trompe tout le monde, l’espèce la plus problématique dans un logement français est précisément celle qui ne vole pas.

Pour aller plus loin selon ce que vous avez identifié : blatte germanique ou orientale pour la distinction complète, pourquoi j’ai des cafards pour comprendre l’origine, œufs et reproduction pour évaluer l’ampleur, et sont-ils dangereux sur le risque sanitaire réel. L’ensemble est repris dans notre guide des cafards et blattes.

Sources

  • Muséum national d’Histoire naturelle, Inventaire national du patrimoine naturel : fiches Blattella germanica, Blatta orientalis, Periplaneta americana et genre Ectobius.
  • ANSES : travaux relatifs aux blattes en milieu domestique et à la lutte antivectorielle.
  • Clés de détermination entomologiques pour la distinction des blattes domestiques et sylvestres.
  • Littérature d’entomologie appliquée sur la dépendance thermique du vol chez les blattoptères.

Questions fréquentes

Est-ce que tous les cafards volent ?

Non, et c'est même une minorité. La blatte américaine vole réellement. La blatte germanique, celle qui infeste les logements, possède des ailes mais ne fait au mieux qu'un vol plané depuis une hauteur. La blatte orientale ne vole pas : le mâle a des ailes couvrant les deux tiers de l'abdomen, la femelle n'en a que des moignons. La blatte des jardins, elle, vole très bien, mais elle vit dehors.

Un cafard qui vole est-il plus dangereux ?

Non. Le vol ne dit rien de la gravité, il dit l'espèce. Par une ironie qui trompe tout le monde, l'espèce la plus problématique dans un logement français est justement celle qui ne vole pas. Un individu volant isolé, le soir près d'une fenêtre, est le plus souvent un visiteur venu du jardin.

Quel cafard vole en été dans les maisons ?

Presque toujours une blatte des jardins, du genre Ectobius, attirée par la lumière. Elle mesure 7 à 12 millimètres, vit dans la litière et les haies, et ne peut pas se reproduire durablement à l'intérieur. Une moustiquaire et l'extinction des lumières extérieures suffisent.

Pourquoi les cafards volent-ils seulement quand il fait chaud ?

Parce que le vol dépend de la température : en dessous d'environ 25 degrés, les muscles alaires ne fournissent pas la puissance nécessaire pour soulever un corps aussi lourd au regard de la surface des ailes. C'est pourquoi les signalements se concentrent sur les nuits chaudes de juillet et août, et pourquoi une blatte américaine peut voler en hiver dans une chaufferie.

Comment savoir si c'est une blatte germanique ?

Douze à quinze millimètres, brun clair, avec deux bandes sombres parallèles sur le pronotum, la plaque située derrière la tête. Elle se tient derrière l'électroménager, près des points chauds et humides, et fuit la lumière quand vous allumez la cuisine la nuit. C'est la seule qui construit une population durable dans un logement.

Faut-il traiter si j'ai vu un seul cafard volant ?

Pas nécessairement. Regardez d'abord où et quand. Un individu isolé, le soir, près d'une fenêtre ouverte en été, ne justifie aucun traitement. Plusieurs individus la nuit, qui se dispersent quand la lumière s'allume, indiquent en revanche une installation, et là il faut agir vite.

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