Rats et souris

Rat ou souris : comment les différencier

La réponse en bref

Si vous avez vu l’animal, un seul geste suffit : comparez la queue au corps. Chez la souris, les deux font la même longueur. Chez le rat brun, la queue est nettement plus courte que le corps. Chez le rat noir, plus longue.

Si vous ne l’avez pas vu, la taille des crottes tranche presque toujours : 3 à 8 millimètres en grain de riz pour la souris, 12 à 18 millimètres en capsule pour le rat brun.

Le seul cas vraiment difficile est le jeune rat, qui fait la taille d’une souris adulte. Il se reconnaît à ses proportions : tête et pattes trop grandes, queue épaisse à la base.

Regardez la queue avant tout le reste

C’est le critère le plus fiable, et le seul qui fonctionne sans mètre ruban. On a spontanément le réflexe de juger la taille, mais la taille varie avec l’âge et se trompe : un rat de trois semaines est plus petit qu’une souris adulte. Les proportions, elles, ne changent pas.

Rat brun ou surmulot vu de profil, museau épais, petites oreilles et queue plus courte que le corps
Un rat brun, l'espèce que l'on rencontre presque partout. Tous les critères sont lisibles ici : silhouette trapue, museau épais et presque carré, petites oreilles enfoncées dans le pelage, grandes pattes roses, et une queue nue nettement plus courte que le corps.

Le rapport queue sur corps

Le rapport queue / corps, le critère qui trancheÉchelle strictement linéaire : un rapport de 1,00 vaut 300 px.01,001,401,60Rat brun0,80 : queue plus courteSouris1,00 : égaleRat noir1,15Rabattez la queue le long du corps : plus courte, c’est un rat brun. Plus longue, un rat noir.

Chez la souris, la queue égale le corps. Chez le rat noir, elle le dépasse d’environ 15 pour cent. Chez le rat brun, elle lui est nettement inférieure. Rabattue le long du corps, la queue ne trompe pas.

Deux espèces de rats vivent en France, et ce même critère les sépare aussi. Le rat brun, ou surmulot, est celui que l’on rencontre presque partout : trapu, museau épais, petites oreilles, il creuse et vit en bas, dans les caves, les vides sanitaires et les réseaux enterrés. Le rat noir est plus élancé, avec de grandes oreilles et une queue plus longue que le corps ; c’est un excellent grimpeur, et on le trouve en hauteur, dans les combles et les charpentes.

Les trois espèces à la même échelle

Les trois espèces à la même échelleÉchelle strictement linéaire : 6 px par centimètre. Corps en plein, queue en trait.Souris15 à 25 gcorps 7 à 10 cm, queue aussi longuemuseau pointu, grandes oreilles rondesRat noir150 à 250 gqueue PLUS LONGUE que le corpscorps 16 à 22 cm, grimpeur, comblesRat brun250 à 500 gqueue PLUS COURTE que le corpscorps 20 à 27 cm, fouisseur, sous-solsUn rat brun adulte pèse dix à vingt fois le poids d’une souris.

Une souris pèse 15 à 25 grammes, un rat noir 150 à 250, un rat brun 250 à 500. À l’échelle, l’écart saute aux yeux, mais sur le moment, dans la pénombre, un animal qui file ne se mesure pas.
Les autres différences visibles en une seconde

  • Le museau. Fin et pointu chez la souris, épais et presque carré chez le rat brun.
  • Les oreilles. Grandes et bien rondes chez la souris, où elles paraissent trop grandes pour la tête. Petites et enfoncées dans le pelage chez le rat brun.
  • La queue elle-même. Fine, régulière et légèrement velue chez la souris. Épaisse, annelée et nue chez le rat, où elle est aussi bien plus rigide.
  • Les pattes. Discrètes chez la souris, franchement grandes et roses chez le rat.

Le cas qui piège tout le monde : le jeune rat

C’est la vraie question, celle qui amène la plupart des gens à chercher. Un rat de quatre à cinq semaines mesure une dizaine de centimètres de corps, exactement comme une souris adulte. Les deux sont gris-brun, tous les deux se déplacent vite, et la confusion est presque systématique.

Même taille, deux animaux différents

Même taille, deux animaux différentsÀ 10 cm de corps, un jeune rat et une souris adulte se confondent. Ce sont les proportions qui parlent.Jeune ratTête et pattes trop grandes pour le corps,queue épaisse à la base, oreilles petitesil a l’air mal proportionnéSouris adulteTout est à l’échelle, museau fin et pointu,queue fine et régulière, grandes oreilleselle a l’air harmonieuseEt un indice sans appel : un jeune rat n’est jamais seul, la fratrie et les parents sont à proximité.

Le jeune rat a l’air mal assemblé : la tête et les pattes ont déjà leur taille future alors que le corps est encore petit, et la queue est épaisse dès la base. La souris adulte, elle, est harmonieuse dans toutes ses proportions.
Les quatre signes qui désignent un jeune rat

  • La disproportion. Tête et pattes trop grandes pour le corps, comme chez un chiot. Une souris adulte n’a jamais cet aspect.
  • La queue épaisse à la base. Même courte, elle est nettement plus grosse que celle d’une souris, et elle s’affine brutalement.
  • Les oreilles proportionnellement petites. C’est contre-intuitif, mais chez la souris les oreilles paraissent surdimensionnées.
  • Il n’est jamais seul. Un jeune rat implique une nichée et des adultes à proximité immédiate. Si vous en voyez un, cherchez le terrier, pas l’individu.

En cas de doute, traitez comme un rat. Le raisonnement est asymétrique : un dispositif calibré pour le rat gêne peu contre les souris, alors qu’un dispositif calibré pour la souris est sans effet sur un rat, et lui apprend à se méfier. Se tromper dans ce sens-là coûte des semaines.

Si vous n’avez pas vu l’animal

C’est le cas le plus fréquent : on entend, on trouve des traces, on ne voit rien. Les crottes suffisent presque toujours à trancher, parce que l’écart de taille est considérable et qu’elles ne se déforment pas.

Crottes de rat et de souris comparées côte à côte avec un réglet gradué en centimètres
La comparaison qui tranche presque tous les cas. La souris laisse de nombreuses petites crottes en grain de riz, pointues aux deux bouts, dispersées sur ses trajets. Le rat brun en laisse moins, bien plus grosses, en capsule à bouts arrondis, et souvent regroupées.
Les autres indices, mis côte à côte

  • Le point d’entrée. Une souris se glisse par 6 à 7 millimètres, l’épaisseur d’un crayon. Un rat a besoin d’une vingtaine de millimètres. Un trou de la taille d’une pièce de deux euros désigne un rat.
  • Le bruit. Grattements légers et rapides, souvent dans les cloisons et au plafond, pour la souris. Bruits sourds, déplacements plus lents et plus lourds, plutôt en bas, pour le rat brun.
  • Les dégâts. La souris grignote les emballages et les denrées. Le rat attaque des matériaux durs, bois, plastique épais, gaines électriques, et creuse des galeries.
  • Le comportement. La souris est curieuse et explore vite tout objet nouveau. Le rat brun est méfiant et tourne plusieurs jours autour d’un objet avant de l’approcher.

Le détail de chaque indice, avec les endroits à inspecter en priorité et les précautions de nettoyage, est réuni sur notre page reconnaître la présence de souris. Elle vaut aussi pour le rat, à la taille près.

Ce n’est peut-être ni l’un ni l’autre

Une part des situations qu’on nous décrit ne relève ni du rat ni de la souris domestique, et le traitement n’est pas le même. Quatre confusions reviennent régulièrement.

Les quatre confusions fréquentes

  • Le mulot. Très gros yeux noirs, grandes oreilles, et un pelage franchement bicolore, brun-roux dessus et blanc dessous. Il saute au lieu de trotter. Il vient de l’extérieur, surtout à l’automne, et ne s’installe pas durablement.
  • Le campagnol. Silhouette trapue, museau arrondi, queue courte et petites oreilles cachées dans le pelage. Il vit au jardin, pas dans la maison.
  • La musaraigne. Museau très pointu prolongé en trompe, yeux minuscules. Ce n’est pas un rongeur mais un insectivore : elle mange des invertébrés, pas vos provisions.
  • Le lérot et le loir. Queue touffue, presque d’écureuil, et un masque noir autour de l’œil chez le lérot. Ils hibernent dans les combles et font beaucoup de bruit la nuit.

La distinction n’est pas académique. Un mulot de passage ne demande que la fermeture d’un accès, alors qu’une souris installée demande un traitement complet. Et plusieurs de ces espèces bénéficient d’un statut de protection, ce qui interdit de les tuer.

Pourquoi la réponse change selon l’espèce

Voilà l’enjeu réel de l’identification. Ce n’est pas une curiosité de naturaliste : quatre décisions concrètes en dépendent, et se tromper d’espèce fait perdre une saison.

Quatre choses que le diagnostic change

Quatre choses que le diagnostic changeLe diamètre à colmaterUne souris passe par 6 à 7 mm,un rat par une vingtaine.Un colmatage calibré rat laisse entrer les sourisLe calibre du piègeUn piège à souris ne tue pasun rat : il le blesse.Et il apprend à s’en méfier durablementLe délai avant que ça marcheLe rat brun est méfiant : il fautdes jours avant qu’il approche.La souris, elle, explore tout de suiteOù chercherRat brun en bas : cave, videsanitaire, réseaux enterrés.Rat noir et souris en haut : combles

Le diamètre à colmater, le calibre du piège, le délai avant le premier résultat et les endroits où chercher : les quatre changent selon qu’il s’agit d’un rat ou d’une souris.

Le point le moins connu est le troisième. Le rat brun est néophobe : un objet nouveau dans son environnement le tient à distance plusieurs jours. Un piège posé le soir et vide le matin ne signifie donc rien chez le rat, alors que chez la souris, qui explore immédiatement, cela signifie que le dispositif est mal placé. Les deux situations demandent des conduites opposées, et c’est le diagnostic d’espèce qui les sépare.

Pour la suite, tout dépend de ce que vous avez identifié. Le choix et la pose des dispositifs sont détaillés sur pièges à rats et à souris, les produits et leurs limites sur raticides, et ce qu’il faut attendre d’une intervention sur traitement contre les rongeurs. Les fourchettes de prix constatées sont sur prix d’une dératisation, et l’ensemble du sujet est repris dans notre guide de la dératisation.

Sources

  • Muséum national d’Histoire naturelle, institut ISYEB : travaux de Christiane Denys sur la distinction entre rats et souris.
  • Inventaire national du patrimoine naturel : fiches Mus musculus, Rattus norvegicus, Rattus rattus, Apodemus sylvaticus.
  • ANSES : dossiers relatifs aux rodenticides anticoagulants et à la lutte contre les rongeurs commensaux.
  • Travaux d’éthologie sur la néophobie du rat brun et son incidence sur les stratégies de piégeage.

Questions fréquentes

Comment savoir si c'est un rat ou une souris ?

Comparez la queue au corps, c'est le critère le plus fiable et il ne demande aucun instrument. Chez la souris, les deux font la même longueur. Chez le rat brun, la queue est nettement plus courte que le corps. Chez le rat noir, elle le dépasse. La taille seule induit en erreur, parce qu'un jeune rat est plus petit qu'une souris adulte.

Comment différencier un jeune rat d'une souris adulte ?

Par les proportions, jamais par la taille. Le jeune rat a l'air mal assemblé : la tête et les pattes ont déjà presque leur taille adulte alors que le corps est encore petit, et la queue est épaisse dès la base. La souris adulte est harmonieuse, avec un museau fin et des oreilles qui paraissent surdimensionnées. Dernier indice sans appel : un jeune rat n'est jamais seul, une nichée et des adultes sont à proximité.

Quelle est la différence entre les crottes de rat et de souris ?

L'écart de taille est considérable. Une crotte de souris mesure 3 à 8 millimètres, ressemble à un grain de riz et se termine en pointe aux deux extrémités ; on en trouve plusieurs dizaines, dispersées. Une crotte de rat brun mesure 12 à 18 millimètres, a la forme d'une capsule à bouts arrondis, et elles sont moins nombreuses mais souvent regroupées. Celle du rat noir, entre les deux, est fuselée et souvent courbée.

Quelle est la différence entre un rat noir et un rat brun ?

Le même critère de la queue les sépare. Le rat brun, ou surmulot, est trapu, avec un museau épais, de petites oreilles, et une queue plus courte que le corps ; il creuse et vit en bas, dans les caves, les vides sanitaires et les réseaux enterrés. Le rat noir est plus élancé, avec de grandes oreilles et une queue plus longue que le corps ; c'est un excellent grimpeur, qu'on trouve dans les combles et les charpentes.

Quand on voit un rat, combien y en a-t-il ?

Aucun multiplicateur fiable n'existe, et méfiez-vous des chiffres avancés un peu partout. Ce qui est en revanche significatif, c'est le moment de l'observation : le rat est nocturne, donc en voir un en plein jour indique une population déjà installée, où la pression sur la nourriture et l'espace pousse les individus dominés à sortir aux heures habituellement évitées. Un rat vu de jour est un signal d'ampleur, pas un accident.

Où se cachent les rats la journée ?

Le rat brun se tient dans des terriers, souvent creusés contre une fondation, sous une terrasse, sous un abri de jardin ou dans un talus, et il utilise les réseaux enterrés et les gaines techniques. À l'intérieur, il occupe les caves, les vides sanitaires, les doublages de cloison et les faux plafonds. Le rat noir, lui, se cache en hauteur : combles, charpentes, faux plafonds des étages.

Quel est le prédateur naturel de la souris ?

Le chat, la chouette effraie, le renard, la fouine et l'hermine, ainsi que certaines couleuvres. Il faut ajouter le rat lui-même, qui tue les souris et les exclut d'un espace qu'il occupe. Attention toutefois : la prédation n'est pas une méthode de lutte. Un chat peut réduire le passage mais ne règle pas une infestation installée, et compter sur lui retarde le traitement.

Par quel trou une souris peut-elle passer ?

Six à sept millimètres suffisent, soit l'épaisseur d'un crayon. Un rat a besoin d'une vingtaine de millimètres, l'ordre de grandeur d'une pièce de deux euros. C'est pourquoi le diagnostic d'espèce commande le colmatage : une obturation calibrée pour le rat laisse tranquillement entrer les souris.

Un rat et une souris peuvent-ils cohabiter ?

Rarement dans le même espace. Le rat est agressif envers la souris et l'élimine du territoire qu'il occupe. Si vous trouviez des indices de souris qui disparaissent au profit d'indices plus gros, ce n'est probablement pas une amélioration : c'est un changement d'occupant. Les deux espèces peuvent en revanche coexister dans un même bâtiment à des niveaux différents.

Et si c'était un mulot plutôt qu'une souris ?

C'est fréquent, surtout à l'automne. Le mulot a de très gros yeux noirs, de grandes oreilles, et un pelage franchement bicolore, brun-roux sur le dos et blanc sous le ventre, alors que la souris domestique est grise uniforme. Il saute au lieu de trotter. Il vient de l'extérieur et ne s'installe pas durablement : fermer l'accès suffit souvent, là où une souris installée demande un traitement complet.

Faut-il traiter différemment un rat et une souris ?

Oui, sur quatre points. Le diamètre à colmater, le calibre du piège, qui blesse le rat au lieu de le tuer s'il est sous-dimensionné, les endroits à inspecter, en bas pour le rat brun et en haut pour la souris et le rat noir, et le délai avant le premier résultat. Ce dernier point est le moins connu : le rat brun est méfiant devant tout objet nouveau et met plusieurs jours à s'en approcher, alors que la souris explore immédiatement. En cas de doute, dimensionnez pour le rat.

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