Dératisation : traitement des rats et souris

Rat ou souris ? Le rat fait 22 à 30 cm, la souris 7 à 10 cm, et leurs crottes lèvent le doute. Ce que fait une entreprise de dératisation et ce que change l'espèce.

La réponse en bref

Avant toute dératisation, une question commande tout le reste : rat ou souris ? Le rat mesure 22 à 30 cm sans la queue et pèse 200 à 500 g, la souris 7 à 10 cm pour 20 à 30 g. Leurs crottes lèvent le doute immédiatement : 3 à 8 mm à bouts pointus pour la souris, 12 à 20 mm pour un rat.

Cette réponse change les doses, les dispositifs, les étages à traiter et la taille des accès à colmater. Une intervention professionnelle coûte de 150 à 500 euros selon le logement, détaillée sur notre page prix d’une dératisation, et son résultat dépend moins du produit employé que du colmatage des points d’entrée.

Rat, souris ou mulot : identifier le rongeur

C’est le point de départ, et il est plus souvent bâclé qu’on ne le croit. Beaucoup de traitements échouent simplement parce qu’ils ont été calibrés pour la mauvaise espèce. Trois rongeurs se rencontrent dans les habitations, et ils ne se comportent pas du tout de la même façon.

Les critères qui séparent les trois

Trois rongeurs, à la même échelleRAT22 à 30 cm sans la queueMuseau épais et arrondiPetites oreillesQueue épaisse et écailleuse200 à 500 gméfiant, il évite la nouveautéSOURIS7 à 10 cm sans la queueMuseau fin et pointuGRANDES oreilles rondesQueue fine, aussi longue20 à 30 gcurieuse, elle exploreMULOT8 à 11 cm sans la queueVentre BLANC netGros yeux saillantsRoux sur le dosVient du jardinil ne s’installe pas vraiment

Le rat est massif, avec un museau épais et de petites oreilles. La souris est menue, avec un museau pointu et de grandes oreilles rondes. Le mulot se reconnaît à son ventre blanc net et à ses gros yeux saillants.
Ce que l’espèce change concrètement

  • La taille des accès à boucher. Une souris passe dans 6 millimètres, un rat a besoin d’environ 2 centimètres : on ne colmate pas au même niveau de finesse.
  • Le comportement face à la nouveauté. Le rat est méfiant et évite plusieurs jours un objet inconnu, la souris est curieuse et explore vite. Cela change le délai avant les premières captures.
  • L’étage à traiter. Le rat occupe les niveaux bas et les sous-sols, la souris circule partout, y compris en hauteur.
  • Le cas du mulot est à part : il vient du jardin, entre occasionnellement l’hiver et ne constitue pas une population installée. Le traiter comme une infestation est une dépense inutile.

Si le doute porte sur la souris, notre page sur les signes de présence de souris détaille les huit indices à chercher et la méthode d’inspection.

Les deux espèces de rats présentes en France

Une fois établi qu’il s’agit d’un rat, la distinction se poursuit. Deux espèces cohabitent sur le territoire, et elles n’occupent pas les mêmes parties d’un bâtiment. Le repère le plus simple tient à la queue.

Rat brun ou surmulot, museau épais et petites oreilles
Le rat brun, ou surmulot : massif, museau épais, petites oreilles, queue plus courte que le corps. C'est l'espèce la plus répandue.
Rat noir, museau pointu, grandes oreilles et longue queue
Le rat noir : plus fin, museau pointu, grandes oreilles, queue plus longue que le corps. Il grimpe et occupe les combles.

La conséquence pratique est directe. Des bruits au-dessus de votre tête, dans les combles ou un faux plafond, orientent vers le rat noir et supposent de traiter en hauteur. Des traces en cave, un terrier le long d’un mur ou une odeur près d’un regard orientent vers le surmulot, largement le plus répandu, et supposent de traiter au niveau du sol et de vérifier le réseau d’assainissement.

Coupe d'une maison : un rat noir dans les combles, un surmulot dans la cave
Le surmulot a une queue plus courte que son corps, occupe caves, sous-sols et égouts, nage bien mais grimpe mal. Le rat noir a une queue plus longue que son corps, occupe combles et faux plafonds, et grimpe remarquablement.

Le surmulot est aussi celui qui explique la plupart des situations en zone urbaine dense, où il circule par les canalisations et les vides sanitaires d’un immeuble à l’autre.

Reconnaître l’espèce à ses crottes

C’est le critère le plus accessible, parce qu’on trouve presque toujours les déjections avant de voir l’animal. Et le rapport de taille ne laisse aucune place au doute.

Crottes de rat et de souris comparées, avec un repère d'échelle
À gauche les crottes de rat, jusqu'à 20 mm et en forme de grain de riz épais. À droite celles de souris, 3 à 6 mm, aux extrémités pointues.

Trois tailles, trois formes

Longueur d’une crotte, en millimètres05101520Sourisbouts pointus, très nombreuses3 à 8 mmSurmulotcapsule, bouts arrondis12 à 18 mmRat noirplus longue, légèrement incurvée16 à 20 mmUne crotte de rat fait deux à quatre fois celle d’une souris : le doute est vite levé.La souris en produit des dizaines par jour, éparpillées le long des murs. Échelle linéaire.

Une crotte de souris mesure 3 à 8 mm avec des bouts pointus et se trouve en grande quantité. Une crotte de surmulot fait 12 à 18 mm en forme de capsule à bouts arrondis, celle du rat noir 16 à 20 mm, plus longue et légèrement incurvée.

Ne balayez jamais des crottes de rongeur à sec et n’utilisez pas l’aspirateur sur elles : cela met en suspension des poussières contaminées. Humidifiez la zone avec un désinfectant, laissez agir, ramassez avec des gants et un essuie-tout, puis jetez dans un sac fermé. La méthode complète figure sur notre page dédiée aux signes de présence de souris.

Les maladies transmises par les rats

Le sujet mérite d’être traité avec exactitude, car il circule autant d’exagérations que de sous-estimations. En France, le risque principal porte un nom : la leptospirose. La bactérie est présente dans l’urine du rat, contamine les sols humides et les eaux stagnantes, et pénètre par une plaie, même minime, ou par les muqueuses.

Rat brun sortant d'une canalisation d'évacuation en PVC
Un rat passe par une ouverture de deux à trois centimètres : seul son crâne est rigide. Le siphon des toilettes ne retient que quelques centimètres d'eau, franchis en apnée.

Ce qui est documenté, ce qui est surestimé

Documenté en FranceLeptospirose, par l’urineContamination des denréesSouillure des surfacesMorsure, rare mais à désinfecterAllergies respiratoiresDégâts électriques, risque d’incendiela leptospirose est le vrai enjeuÀ remettre à sa placeLa peste : hors contexte françaisLa rage : la France en est indemneL’hantavirus : c’est le campagnol,pas le rat ni la souris domestiqueLe rat n’attaque pas les dormeursIl ne « monte pas par les toilettes »dans le cas général

La leptospirose est le véritable enjeu, avec la contamination des denrées et des surfaces. La peste et la rage sont hors du contexte français actuel, et l’hantavirus est lié au campagnol, non au rat ni à la souris domestique.
Les situations qui exposent

  • Manipuler de la terre ou des végétaux humides dans un jardin fréquenté par des rats, sans gants.
  • Nettoyer une cave, un vide sanitaire ou un local à déchets souillé, sans protection ni désinfection préalable.
  • Une plaie en contact avec de l’eau stagnante ou de la boue en zone infestée.
  • Consommer un aliment ayant été en contact avec des déjections : jetez tout emballage rongé.

Consultez un médecin en cas de fièvre, de courbatures marquées, de maux de tête intenses ou d’un syndrome pseudo-grippal dans les jours suivant une exposition, et signalez le contexte : le tableau est facilement pris pour une grippe. Un dernier risque, souvent oublié, n’est pas sanitaire mais matériel : le rongement des gaines électriques est une cause d’incendie reconnue.

Ce que fait une entreprise de dératisation

La question se pose légitimement, puisque appâts et pièges sont en vente libre. La différence ne tient pas au produit seul mais à six éléments qu’un particulier ne réunit pas facilement.

Intervention de dératisation dans une cave
Une intervention commence par le repérage des cheminements et des points d'entrée, souvent en sous-sol. Le traitement des individus présents ne vient qu'ensuite, et ne suffit jamais seul.

Six composantes de la prestation

Ce que vous achetez réellementUn diagnostic d’espèceRat ou souris, surmulot ourat noir. Cela change lesdoses, les postes, les étagesLe repérage des accèsGaines, passages decanalisation, vide sanitaire :là où vous ne regardez pasDes postes sécurisésBoîtes d’appâtage fermées,inaccessibles aux enfantset aux animaux, tracéesLe colmatageOu au minimum despréconisations écrites.Sans lui, rien ne tientLes visites de contrôleRelevé des postes, mesurede la consommation d’appât :c’est ce qui prouve le résultatLa traçabilitéPlan de pose, produits etdoses consignés. Exigible enlocal pro et en copropriétéLe certificat Certibiocide est obligatoire pour appliquer des rodenticides à titre professionnel.

Un diagnostic d’espèce qui calibre tout le reste, le repérage des accès, des postes d’appâtage sécurisés et tracés, le colmatage ou des préconisations écrites, des visites de contrôle qui mesurent le résultat, et une traçabilité exigible en local professionnel.

Le point décisif est le colmatage. Un traitement qui élimine les individus présents sans fermer les accès sera suivi d’une nouvelle population dans les mois qui viennent : les rongeurs suivent des voies de circulation qui, elles, ne disparaissent pas. C’est pour cela qu’un devis doit dire explicitement si le colmatage est inclus, seulement préconisé, ou facturé en supplément.

Le certificat Certibiocide est obligatoire pour appliquer des rodenticides à titre professionnel : demandez-le avant le tarif. Nous recensons des entreprises de dératisation département par département, et vous pouvez décrire votre situation depuis notre page trouver une entreprise. Nous n’intervenons pas nous-mêmes et ne vendons aucun produit.

Pour les tarifs, les fourchettes par type de logement, la comparaison des devis et la question de la prise en charge en location, voyez notre page sur le prix d’une dératisation.

Le dossier, question par question

Une fois l’espèce identifiée, cinq questions se posent dans l’ordre. Chacune est traitée en détail dans une page dédiée.

Vos cinq étapes

  • Suis-je sûr d’avoir des rongeurs ? Crottes, bruits, rongements, traînées grasses, odeur d’urine : voyez les signes de présence de souris, qui détaillent aussi l’inspection et l’évaluation de l’ampleur.
  • Que faire, dans quel ordre ? Localiser les entrées, boucher, couper les ressources, éliminer, contrôler. L’ordre décide du résultat : voyez se débarrasser des souris.
  • Quel piège choisir et où le poser ? Cinq types, un nombre et un placement qui comptent plus que le modèle : voyez piège à souris, lequel choisir.
  • Avec quel appât ? Le fromage est un mythe, la dose se compte en grain de riz : voyez quel appât pour souris choisir.
  • Les répulsifs à ultrasons fonctionnent-ils ? Non, et l’explication réglementaire est intéressante : voyez ultrasons souris, est-ce que ça marche.

Et si vous cherchez à comparer le coût d’une intervention avec celui d’un traitement mené vous-même, notre page sur le prix d’une dératisation chiffre les deux.

Sources

  • ANSES : information sur les rongeurs commensaux, rodenticides autorisés et méthodes de lutte.
  • Santé publique France : information sur la leptospirose, transmission et prévention.
  • Muséum national d’Histoire naturelle : répartition et biologie du surmulot et du rat noir.
  • Ministère chargé de la Transition écologique : certification Certibiocide des applicateurs professionnels.

Questions fréquentes

Comment savoir si c'est un rat ou une souris ?

Par la taille et les crottes. Le rat mesure 22 à 30 cm sans la queue et pèse 200 à 500 g, la souris 7 à 10 cm pour 20 à 30 g. Surtout, une crotte de souris mesure 3 à 8 mm avec des bouts pointus, celle d'un rat 12 à 20 mm. Le rat a un museau épais et de petites oreilles, la souris un museau pointu et de grandes oreilles rondes.

Pourquoi faut-il identifier l'espèce avant de traiter ?

Parce que cela change quatre choses : la taille des accès à colmater, une souris passant dans 6 millimètres contre environ 2 centimètres pour un rat ; le comportement face à la nouveauté, le rat étant méfiant et la souris curieuse, ce qui décale le délai des premières captures ; l'étage à traiter ; et les doses.

Quelles sont les deux espèces de rats en France ?

Le surmulot, ou rat brun, ou rat d'égout : corps massif de 22 à 30 cm, queue plus COURTE que le corps, occupe caves, sous-sols, égouts et terriers, bon nageur mais mauvais grimpeur. C'est le plus répandu. Et le rat noir, ou rat des greniers : corps svelte de 16 à 22 cm, queue plus LONGUE que le corps, occupe combles et faux plafonds, excellent grimpeur.

J'entends des bruits dans les combles, quel rongeur ?

Des bruits au-dessus de votre tête, dans les combles ou un faux plafond, orientent vers le rat noir, qui grimpe remarquablement, ou vers la souris qui circule partout. Le surmulot, lui, grimpe mal et se tient aux niveaux bas : traces en cave, terrier le long d'un mur, odeur près d'un regard.

Comment reconnaître une crotte de rat ?

À sa taille et à sa forme. Le surmulot produit des crottes de 12 à 18 mm en forme de capsule à bouts arrondis, le rat noir de 16 à 20 mm, plus longues et légèrement incurvées. Une crotte de souris ne dépasse pas 3 à 8 mm et présente des bouts pointus, mais on en trouve des dizaines par jour éparpillées le long des murs.

Peut-on balayer ou aspirer des crottes de rongeur ?

Non, jamais à sec, et pas à l'aspirateur : cela met en suspension des poussières contaminées. Humidifiez la zone avec un désinfectant, laissez agir, ramassez avec des gants et un essuie-tout, puis jetez dans un sac fermé.

Quelles maladies les rats transmettent-ils en France ?

Le risque principal est la leptospirose : la bactérie est présente dans l'urine du rat, contamine les sols humides et les eaux stagnantes, et pénètre par une plaie même minime ou par les muqueuses. S'y ajoutent la contamination des denrées et des surfaces, la morsure à désinfecter, les allergies respiratoires, et un risque matériel souvent oublié, le rongement des gaines électriques comme cause d'incendie reconnue.

L'hantavirus est-il transmis par les rats ou les souris ?

Non. En France, l'hantavirus est lié au campagnol, pas au rat ni à la souris domestique, contrairement à ce qu'écrivent plusieurs pages. De même, la peste et la rage sont hors du contexte français actuel : la France est indemne de rage. Le vrai enjeu documenté reste la leptospirose.

Quand faut-il consulter après une exposition aux rats ?

En cas de fièvre, de courbatures marquées, de maux de tête intenses ou d'un syndrome pseudo-grippal dans les jours suivant une exposition, et signalez le contexte au médecin : le tableau de la leptospirose est facilement pris pour une grippe.

Qu'apporte une entreprise de dératisation ?

Six choses : un diagnostic d'espèce qui calibre les doses, les postes et les étages ; le repérage des accès dans les gaines, passages de canalisation et vides sanitaires ; des postes d'appâtage sécurisés et tracés, inaccessibles aux enfants et aux animaux ; le colmatage ou des préconisations écrites ; des visites de contrôle qui mesurent la consommation d'appât et prouvent le résultat ; et une traçabilité exigible en local professionnel et en copropriété.

Le colmatage est-il vraiment indispensable ?

Oui, c'est le point décisif. Un traitement qui élimine les individus présents sans fermer les accès sera suivi d'une nouvelle population dans les mois qui viennent, car les voies de circulation ne disparaissent pas. Un devis doit dire explicitement si le colmatage est inclus, seulement préconisé, ou facturé en supplément.

Le mulot doit-il être traité comme une infestation ?

Non. Le mulot vient du jardin, se reconnaît à son ventre blanc net et à ses gros yeux saillants, et entre occasionnellement l'hiver sans constituer une population installée. Le traiter comme une infestation est une dépense inutile.

Camille Fabre Rédigé par Camille Fabre Spécialiste rats et souris

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