Pour une présence isolée, la tapette mécanique reste le meilleur choix : efficace, très bon marché, et le résultat se constate immédiatement. Le piège électrique convient si vous ne voulez pas manipuler l’animal, la nasse si vous ne souhaitez pas le tuer.
Trois règles font la différence : posez plusieurs pièges plutôt qu’un seul, à raison d’environ un par mètre sur la zone active ; placez-les perpendiculairement au mur, l’appât côté plinthe ; et évitez les plaques de glu, que nous déconseillons formellement.
Les cinq types de pièges à souris
Tous visent le même résultat, mais ils ne demandent ni le même budget, ni la même implication, ni le même rapport à l’animal. Voici ce qui les distingue réellement à l’usage.

Les cinq dispositifs et ce qu’ils valent
La tapette, le grand classique
Le modèle en bois coûte quelques centimes, le modèle plastique se réarme et se vide d’une seule main, sans contact. Son avantage décisif est la lisibilité : vous savez immédiatement si vous avez capturé, ce qu’aucun appât empoisonné ne permet. Bien armée et bien placée, elle agit en une fraction de seconde.
Le piège électrique
La souris entre dans un boîtier fermé et reçoit une décharge fatale ; un voyant signale la capture, et l’animal se vide sans être vu ni touché. C’est le plus confortable à l’usage et le plus hygiénique. En contrepartie, il coûte nettement plus cher et fonctionne sur piles.
La nasse, pour capturer sans tuer
Cette cage referme la souris vivante. Elle impose deux contraintes réelles : la relever chaque matin, faute de quoi l’animal meurt de stress ou de déshydratation, ce qui annule l’intention ; et relâcher très loin du logement, faute de quoi la souris revient. Sachez aussi qu’un individu relâché en terrain inconnu survit rarement longtemps.
Le poste d’appâtage
Ce n’est pas un piège mais un contenant : un boîtier rigide et verrouillable dans lequel on place une tapette ou un appât. Son intérêt est la sécurité, en présence d’enfants ou d’animaux domestiques, et la discrétion. C’est aussi le seul emploi acceptable d’un raticide dans un lieu habité.
Le piège maison
Le montage seau et rampe, ou la bouteille en bascule, fonctionne pour dépanner. Il capture vivant, donc il exige la même surveillance quotidienne qu’une nasse. À réserver à un besoin ponctuel : sur une vraie infestation, la fiabilité d’une tapette du commerce est sans comparaison.
Les pièges à glu : ce que dit la loi
Les plaques engluées se vendent librement, ce qui laisse croire qu’elles sont un dispositif comme un autre. Un point de droit mérite d’être expliqué, parce qu’il éclaire aussi pourquoi personne ne contrôle ces produits.
La glu agit par simple adhérence, donc par voie physique et non chimique. Comme les appareils à ultrasons, ces pièges échappent au règlement européen sur les produits biocides, qui ne couvre que les produits agissant chimiquement ou biologiquement. À ce jour, ils ne font pas non plus l’objet d’une interdiction générale en France, même si plusieurs questions parlementaires ont demandé leur encadrement.
Pièges à glu : autorisés en France, déconseillés par nous
Nous déconseillons formellement les plaques de glu. L’animal ne meurt pas sur le coup : il agonise plusieurs heures, parfois plusieurs jours, en se blessant à tenter de se libérer. Elles capturent aussi sans distinction oiseaux, hérissons et petits animaux domestiques. Une tapette correctement armée tue instantanément : elle est à la fois plus efficace et moins cruelle.
Quel piège pour quelle situation ?
Le bon dispositif dépend moins du nombre de souris que de votre contexte : présence d’enfants, d’animaux, et ce que vous êtes prêt à manipuler.
Choisir en trois questions
Combien de pièges poser, et où
C’est ici que la plupart des tentatives échouent : un seul piège, posé au milieu d’une pièce. Les souris longent les murs et traversent rarement un espace à découvert ; un dispositif isolé sera contourné.
Le nombre de pièges et leur espacement
Positionnez chaque piège perpendiculairement au mur, la partie appâtée tournée vers la plinthe, de sorte que la souris passe forcément sur le mécanisme. Concentrez les postes là où vous avez relevé des signes de présence de souris : déjections, traînées grasses, rongements derrière les meubles de cuisine.
Armer et appâter correctement
Manipulez les pièges avec des gants : l’odeur humaine sur un dispositif neuf ajoute une raison de méfiance à un animal déjà prudent. Armez la tapette en la posant au sol, jamais en la tenant à hauteur de visage, et gardez les doigts hors de la course de l’arceau.
Côté appât, la règle est contre-intuitive : une dose de la taille d’un grain de riz, déposée sur le mécanisme lui-même. Une portion généreuse permet de manger sur le bord sans déclencher. Le détail des attractifs, du meilleur au moins fiable, est dans notre page sur l’appât souris.
Combien de temps pour attraper une souris ?
Comptez de une à trois nuits dans un cas simple. La souris est néophobe : un objet nouveau sur son trajet la met en méfiance pendant un à deux jours. Ne concluez donc pas à l’échec au bout d’une nuit, et ne déplacez pas les pièges toutes les douze heures.
Si rien ne se passe après cinq à sept nuits, le problème vient rarement du piège : cherchez une source de nourriture concurrente restée accessible, un placement trop éloigné des murs, ou un nombre de postes insuffisant.
Que faire de la souris capturée
Enfilez des gants jetables. Pour un animal mort, glissez-le en double sac fermé et jetez avec les ordures ménagères, puis désinfectez la zone et lavez-vous les mains. Pour une capture vivante, relâchez à bonne distance du logement, à plus d’un kilomètre si possible, sans quoi elle retrouvera le chemin du retour.
Une tapette en plastique se nettoie et se réutilise ; évitez les produits parfumés, qui laissent une odeur inhabituelle. Une tapette en bois imprégnée se remplace, elle ne coûte presque rien.
Piège, poison ou répulsif ?
Les trois approches ne se valent pas, et le choix se joue surtout sur la vérifiabilité du résultat.
Les trois approches comparées
Le détail du cadre applicable aux raticides figure sur notre page consacrée à l’appât souris, et nous expliquons pourquoi les répulsifs à ultrasons pour souris ne tiennent pas leurs promesses.
Comparatif des pièges à souris
| Piège | Efficacité | Budget | Contrainte principale |
|---|---|---|---|
| Tapette mécanique | Très bonne | 1 à 5 EUR | Manipuler la capture |
| Piège électrique | Très bonne | 25 à 60 EUR | Prix et piles |
| Nasse | Bonne | 10 à 25 EUR | Relever chaque matin, relâcher loin |
| Poste d’appâtage | Selon le contenu | 10 à 30 EUR | Complément, pas un piège en soi |
| Piège maison | Variable | Quasi nul | Fiabilité aléatoire, surveillance |
| Plaque de glu | Déconseillée | 2 à 8 EUR | Agonie prolongée, captures accidentelles |
Le piégeage règle une présence isolée, mais il ne remplace jamais le colmatage des accès : sans cela, d’autres souris prendront la place des précédentes. Si l’activité persiste au-delà de deux semaines ou touche plusieurs pièces, reportez-vous à nos repères pour se débarrasser des souris et au prix d’une dératisation. Notre guide de la dératisation reprend l’ensemble de la démarche.

- Règlement (UE) n° 528/2012 relatif aux produits biocides : champ d’application limité aux actions chimique et biologique.
- Assemblée nationale : questions écrites relatives à l’interdiction des pièges à colle pour les rongeurs.
- Glue Traps (Offences) Act 2022, Royaume-Uni : interdiction des pièges à glu pour les rongeurs en Angleterre.
