Blatte germanique ou orientale ?

Germanique 12 à 15 mm dans les cuisines, orientale 20 à 25 mm dans les caves : deux espèces expliquent la majorité des infestations, et ne se traitent pas pareil.

La réponse en bref

Quatre espèces de blattes fréquentent les bâtiments en France, mais deux seulement expliquent la grande majorité des infestations. La blatte germanique, 12 à 15 mm, brun ocre, reconnaissable à ses deux bandes noires sur le pronotum, occupe les cuisines et les salles de bains chauffées. La blatte orientale, 20 à 25 mm, brun très foncé à noir luisant, occupe les caves, vides sanitaires et abords de canalisations.

La distinction n’est pas anecdotique : la germanique grimpe les surfaces lisses et cherche la chaleur, l’orientale reste au sol et cherche l’humidité. On ne les traite donc pas aux mêmes endroits.

Les quatre espèces, à la même échelle

La taille est le premier repère utile, parce qu’elle s’apprécie sans manipuler l’insecte. Les écarts sont considérables : une blatte américaine adulte fait près de trois fois la longueur d’une germanique.

Quatre blattes adultes à la même échelle : germanique, orientale, américaine et rayée
La blatte rayée et la germanique sont les plus petites, l'orientale est nettement plus grande, l'américaine dépasse largement les autres. En logement français, la germanique et l'orientale dominent.

Attention toutefois : les jeunes, appelés larves ou nymphes, sont bien plus petits que les adultes, dépourvus d’ailes, et parfois nettement plus sombres. Une petite blatte n’est donc pas forcément une blatte germanique, ce peut être le jeune d’une autre espèce.

La blatte germanique, la plus problématique

C’est l’espèce que l’on rencontre le plus souvent en habitation, et de loin la plus difficile à éliminer. Sa vitesse de reproduction et sa capacité à se glisser dans des interstices d’un millimètre expliquent qu’une présence négligée devienne rapidement une infestation généralisée.

Blatte germanique adulte, brun clair, avec deux bandes sombres sur le pronotum
La blatte germanique : brun clair, environ 1,5 cm, et surtout les deux bandes sombres parallèles sur le pronotum, juste derrière la tête.

Sa fiche d’identification

Blatte germaniqueBlattella germanica2 bandes noires12 à 15 mm, brun ocre opaqueCuisines et salles de bains chaufféesDerrière et sous l’électroménagerNocturne, fuit la lumièreNe vole pas, mais court très viteSe reproduit vite à l’intérieur

Deux bandes noires longitudinales sur la plaque derrière la tête, 12 à 15 mm, brun ocre opaque. Nocturne, elle fuit la lumière, ne vole pas mais court très vite, et se tient près des sources de chaleur.

Un détail lourd de conséquences : elle grimpe sans difficulté les surfaces verticales lisses, murs peints, carrelage, vitres, flancs de réfrigérateur. Un traitement limité au sol et aux plinthes laisse donc intacte une grande partie de la population.

La blatte orientale, celle des caves

Plus grande, plus sombre, plus lente, elle se comporte à l’inverse de la précédente. Elle recherche le frais et l’humide : caves, sous-sols, vides sanitaires, locaux techniques, abords des regards et des canalisations. Dans un immeuble, elle circule volontiers par les gaines et les colonnes.

Blatte orientale adulte, brun très sombre presque noir et luisant
La blatte orientale : nettement plus grande, brun très sombre presque noir, luisante, et sans bandes sur le pronotum.

Germanique ou orientale, six critères

CritèreGermaniqueOrientaleTaille adulte12 à 15 mm20 à 25 mmCouleurBrun ocre clairBrun très foncé, noir luisantPronotum2 bandes noiresUni, très sombreOù on la trouveCuisine, salle de bainsCave, vide sanitaire, égoutMilieu recherchéChaud et secFrais et humideGrimpe les surfaces lissesOui, murs et vitresNon, reste au sol

Taille, couleur, aspect du pronotum, pièce concernée, milieu recherché et capacité à grimper. Ces six critères suffisent à trancher entre les deux espèces réellement fréquentes.

Elle ne grimpe pas les surfaces lisses, ce qui a une conséquence pratique utile : on la trouve au sol, dans les angles, le long des plinthes, et rarement en hauteur. Sa présence signale presque toujours un point d’humidité ou une entrée depuis le réseau d’assainissement.

L’américaine et la rayée, nettement plus rares

Deux espèces à connaître sans s’en inquiéter

  • La blatte américaine, 30 à 40 mm, brun-rouge brillant, est la plus grande. Elle reste peu fréquente en logement métropolitain et se rencontre surtout dans des environnements chauds et humides : serres, sous-sols techniques, réseaux, certains locaux professionnels. Elle peut effectuer de brefs vols planés.
  • La blatte rayée, 10 à 15 mm, se distingue par deux bandes claires transversales, en travers du corps, à ne pas confondre avec les bandes longitudinales du pronotum de la germanique. Elle est nettement moins liée à l’eau et se disperse davantage dans les pièces de vie.
  • Le cafard de jardin, du genre Ectobius, n’appartient pas à ce groupe : il vit dehors et ne s’installe pas dans les logements. Notre page sur le cafard de jardin ou blatte germanique donne le test qui les sépare en une seconde.
Blatte américaine adulte, brun roux, avec un dessin clair en anneau sur le pronotum
La blatte américaine : la plus grande des quatre, brun roux, reconnaissable au dessin clair en anneau sur son pronotum.

Ce que l’espèce change dans la lutte

Voilà pourquoi cette page ne relève pas de la simple curiosité naturaliste. Deux espèces qui n’occupent ni les mêmes pièces, ni les mêmes hauteurs, ni les mêmes conditions d’humidité ne se traitent pas de la même manière.

Deux espèces, deux plans d’action

Pourquoi identifier l’espèce change la méthodeGermaniqueTraiter en HAUTEUR aussi :elle grimpe murs et meublesCibler la cuisine chauffée,l’arrière des appareilsPopulation qui explose vite,agir sans attendreOrientaleTraiter au SOL et aux plinthes :elle ne grimpe pasCibler cave, vide sanitaire,regards et canalisationsAssécher les points humides,sinon elle revient

La germanique impose de traiter en hauteur et de cibler la cuisine chauffée. L’orientale impose de traiter au sol et surtout d’assécher les points humides, faute de quoi elle revient.

L’erreur la plus coûteuse : traiter une blatte orientale comme une germanique, ou l’inverse. Appliquer un gel en hauteur dans une cave humide ne sert à rien, et se limiter aux plinthes d’une cuisine envahie de germaniques laisse la population intacte derrière et au-dessus des appareils. Identifiez avant de traiter, quitte à conserver un spécimen.

Identifier ce que vous avez sous les yeux

En pratique, trois questions suffisent presque toujours : est-ce que l’insecte vole, quelle est sa taille approximative, et dans quelle pièce l’avez-vous vu.

Trois questions, trois issues

Un insecte brun ou noir,aplati, six pattesIl vole, sort de jour,vu dehors, teinte uniformeCafard de jardinrien à traiterPetit, brun clair,2 bandes noires, en cuisineBlatte germaniquetraitement nécessaireGros, noir luisant,au sol, en caveBlatte orientaletraiter et assécherTrois questions suffisent : est-ce qu’il vole, quelle taille, et dans quelle pièce.La blatte américaine et la blatte rayée restent rares en logement en France.

Un insecte qui vole et sort de jour est un cafard de jardin. Petit, brun clair avec deux bandes noires en cuisine, c’est une germanique. Grand, noir luisant, au sol en cave, c’est une orientale.
Pour une identification fiable

  • Capturez plutôt que d’écraser : un verre retourné, ou du ruban adhésif. Un insecte écrasé perd les critères de couleur et de pronotum.
  • Photographiez de dessus, en lumière directe, pour que le pronotum soit lisible.
  • Notez la pièce et l’heure de l’observation : ces deux informations valent presque un critère morphologique.
  • Cherchez les jeunes : leur présence signe une reproduction sur place, et non un individu de passage.

Ce que l’espèce ne dit pas

Identifier l’espèce oriente le traitement, mais ne dit rien de l’ampleur ni de l’origine. Deux questions restent ouvertes après cette étape. D’où viennent-elles, ce qui détermine le risque de récidive : notre page sur les causes d’une infestation de cafards détaille les voies d’entrée. Et à quelle vitesse la population peut-elle se reconstituer, ce qui explique la nécessité de plusieurs passages : voyez les œufs de cafards et leur reproduction.

Pour la suite opérationnelle, nos repères sur se débarrasser des cafards définitivement décrivent le protocole, et notre page sur les produits et gels anti-cafards compare ce qui fonctionne réellement. Sur les risques sanitaires, voyez le danger des cafards pour la santé. L’ensemble est repris dans notre guide des cafards et blattes.

Sources

  • ANSES : information sur les blattes et cafards, espèces domestiques et méthodes de lutte.
  • Muséum national d’Histoire naturelle, Inventaire national du patrimoine naturel : répartition des espèces de blattes en France.
  • Ministère chargé de la Santé : repères sur les nuisibles du logement et l’hygiène de l’habitat.

Questions fréquentes

Comment reconnaître une blatte germanique ?

À deux bandes noires longitudinales parallèles sur le pronotum, la plaque située juste derrière la tête. Elle mesure 12 à 15 mm à l'âge adulte, présente une teinte brun ocre opaque, sort la nuit, fuit la lumière, ne vole pas mais court très vite, et se tient près des sources de chaleur en cuisine ou en salle de bains.

Quelle est la différence entre une blatte germanique et une blatte orientale ?

Six critères les séparent. La germanique mesure 12 à 15 mm, brun ocre, avec deux bandes noires sur le pronotum, occupe les cuisines chauffées et grimpe les surfaces lisses. L'orientale mesure 20 à 25 mm, brun très foncé à noir luisant, pronotum uni, occupe caves et vides sanitaires, cherche l'humidité et reste au sol.

Combien y a-t-il d'espèces de cafards dans les logements en France ?

Quatre espèces fréquentent les bâtiments : germanique, orientale, américaine et rayée. Mais deux seulement expliquent la grande majorité des infestations en logement, la germanique dans les pièces chauffées et l'orientale dans les caves et sous-sols. Le cafard de jardin, du genre Ectobius, n'appartient pas à ce groupe et ne s'installe pas à l'intérieur.

Quelle taille fait une blatte adulte ?

La blatte rayée mesure 10 à 15 mm, la germanique 12 à 15 mm, l'orientale 20 à 25 mm et l'américaine 30 à 40 mm. Attention, les jeunes sont bien plus petits que les adultes, dépourvus d'ailes et parfois plus sombres : une petite blatte n'est donc pas forcément une germanique.

Pourquoi faut-il identifier l'espèce avant de traiter ?

Parce que les deux espèces fréquentes n'occupent ni les mêmes pièces, ni les mêmes hauteurs, ni les mêmes conditions d'humidité. La germanique grimpe les surfaces lisses, il faut donc traiter en hauteur et cibler la cuisine chauffée. L'orientale reste au sol et exige surtout d'assécher les points humides, sans quoi elle revient.

La blatte germanique grimpe-t-elle aux murs ?

Oui, sans difficulté, y compris sur les surfaces verticales lisses comme les murs peints, le carrelage, les vitres et les flancs de réfrigérateur. C'est une différence majeure avec la blatte orientale, qui ne grimpe pas et reste au sol, dans les angles et le long des plinthes.

Qu'est-ce que la blatte rayée ?

Une espèce de 10 à 15 mm portant deux bandes claires transversales, c'est-à-dire en travers du corps, à ne pas confondre avec les bandes longitudinales du pronotum de la germanique. Elle est moins liée à l'eau que les autres et se disperse davantage dans les pièces de vie. Elle reste peu fréquente en France.

La blatte américaine est-elle présente en France ?

Elle existe mais reste peu fréquente en logement métropolitain. On la rencontre surtout dans des environnements chauds et humides : serres, sous-sols techniques, réseaux, certains locaux professionnels. C'est la plus grande des quatre, 30 à 40 mm, brun-rouge brillant, et elle peut effectuer de brefs vols planés.

Thomas Girard Rédigé par Thomas Girard Spécialiste cafards et blattes

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